LCA - Abderrazak Mokri révèle les raisons de son «jusqu’au-boutisme»

Abderrazak Mokri

Si le MSP déciderait autrement, il s’est engagé de quitter son poste

Abderrazak Mokri révèle les raisons de son «jusqu’au-boutisme»

Par:  Abderrahmane Kadri

Il y a quatre jours, des quotidiens arabophones, à fort tirage, titraient leur «Une» «Je démissionnerai si le MSP rejoindrait le prochain gouvernement», une déclaration du président du parti islamiste Abderrazak Mokri, qui a voulu réitérer son «engagement» lors de la campagne électorale des dernières législatives, où il a posé les conditions, «sans lesquelles, son mouvement n’intégrera pas le prochain gouvernement».

Face aux «pressions» exercées par certains membres influents de son mouvement, connus pour être des fervents défenseurs du retour à la politique de «participation», notamment l’ancien chef du parti Aboudjerra Soltani, Mokri décide de faire recours à la presse pour confirmer sa position, il apparaît ainsi, très cohérent avec lui-même. Pour défendre son «intransigeance» devant une base partagée face à la volonté de certains «opportunistes» du mouvement, comme il aime les qualifier, de faire partie, coûte que coûte, du staff du Palais du docteur Saâdane, Abderrazak Mokri a publié, sur sa page Facebook, un long et sulfureux plaidoyer sous le titre «Pourquoi ils souhaitent voir le MSP au gouvernement ?» dans lequel il a évoqué, en détail, les raisons de son «jusqu’au-boutisme».

Avant de poser la question contenue dans le titre de son article, Abderrazak Mokri a profité de l’offre faite par Sellal pour conclure, dans une introduction assez longue, que le parti qu’il préside «est devenu, face aux partis traditionnels, une alternative nationale sérieuse, prête et sans rival, capable d’obtenir la majorité parlementaire dans un futur pas très lointain». Il soupçonne «ceux qui, derrière la scène, élaborent les stratégies futures de l’Algérie» de ne vouloir, par l’offre qui lui est parvenue, qu’«ennoblir la façade» avec un partenaire crédible mais sans influence aucune, le but de la proposition, selon Mokri, n’est pas l’intérêt général mais plutôt «une volonté d’hégémonie et de domination».

« Ils veulent s’accaparer l’avenir après avoir confisqué le passé et le présent», ajoute le président du parti islamiste, «ils savent très bien que lorsque le pays traversera une zone de turbulences, les partis traditionnels, qui constituent d’habitude la façade, ne résisteront pas» Mokri va très loin lorsqu’il accuse «ces concepteurs de stratégies» de vouloir se «débarrasser» de son mouvement, qui représente «une réelle alternative», avec l’éventuel «naufrage» que connaîtront les partis traditionnels dans un «scénario apocalyptique» à travers la dernière offre qui vise à le mettre dans le même bateau.

Le scénario, que met en avant Mokri, pour défendre sa position radicale, apparaît pour le citoyen lambda réellement apocalyptique, mais il ne représente, aux yeux des observateurs avertis qui connaissent les reflexes du mouvement appartenant au courant des Frères musulmans, qu’une manœuvre visant à faire monter les enchères en se partageant les rôles.

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