LCA - Coup de frein sur le rebond des prix du pétrole

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Hausse de la production américaine

Coup de frein sur le rebond des prix du pétrole

Par:  Reda Hadi

Les cours de l'or noir ont perdu près de 20% depuis leur pic de l'année en juin à plus de 50 dollars. Avec une production américaine en forte hausse et le non-respect des quotas de l’Opep, certains analystes prédisent que le pétrole s’achemine vers une baisse encore plus profonde et qu’au meilleur des cas, les prix se stabiliseront autour de 50 dollars.

Le prix du baril connaît une chute vertigineuse, ce qui fait le bonheur de certains pays et en pénalise d'autres. Pour les pays importateurs, des prix bas sont une aubaine. Cela permet de réduire la facture énergétique des entreprises et des ménages, donc de diminuer les coûts de production des premières et de booster le pouvoir d'achat des seconds. Les sociétés peuvent investir ou embaucher et les foyers augmenter leur consommation. Ces comportements ont des effets positifs sur l'économie globale d'un pays.

Selon des économistes, cette baisse inquiète au plus haut point les pays producteurs. A titre d’exemple, lors des séances de mercredi et de jeudi derniers, le prix du baril de Brent a perdu jusqu’à 8%, à 51,50 dollars, suite à l’annonce d’une progression plus forte que prévue des stocks américains.

Selon Alain Corbani (Finance SA), «cette statistique n’a été qu’un simple déclencheur du mouvement de baisse, car les fondamentaux militaient en ce sens depuis un certain temps». En effet, même si l’accord de l’Opep a permis de réduire significativement la production des membres du cartel, le bond de celle des producteurs américains, de 8,4 millions de barils jour l’été 2016 à 9 millions actuellement, fait office d’énormes contrepoids. Les forages ont repris depuis 9 mois, le nombre de foreuses en activité passant de 300 à 600 actuellement.

Sur un marché régi par la loi de l’offre et de la demande, toute distorsion entre les deux termes se répercute sur les prix. Cette règle de base appliquée au marché de l’or noir explique la baisse continue des cours depuis ces dernières semaines. Tous les spécialistes avancent les mêmes raisons pour expliquer cette chute brutale. «D’un côté une demande anémiée, de l’autre une offre pléthorique», résume Patrice Geoffron, enseignant-chercheur à l’université Paris-Dauphine. Si les cours baissent, c’est donc en premier lieu en raison des médiocres perspectives de croissance mondiale et la Chine est le premier pays à qui l’on pense. Mais l’élément véritablement nouveau, c’est la révolution américaine des hydrocarbures de schiste. Grâce au pétrole non conventionnel, les États-Unis ont retrouvé en 2017, le niveau de production record atteint en 1970 : 10 millions de barils/jour, soit autant que ce que produit l’Arabie Saoudite aujourd’hui.

Cette baisse est aussi accentuée selon des analystes, par la non-observation de certains pays de l’Opep du quota de réduction de production. Cette baisse intervient alors que l'entreprise privée Baker Hughes a publié vendredi soir ses données sur les puits actifs aux Etats-Unis, qui ont augmenté pour la huitième semaine consécutive, ce qui nourrit les craintes d'une hausse de la production américaine qui compenserait les baisses de l'Opep.

Lu 85 fois Dernière modification le samedi, 08 juillet 2017 20:31

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