LCA - Le «cauchemar» de la relève se pose sérieusement

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Certains métiers sont concernés plus que d’autres

Le «cauchemar» de la relève se pose sérieusement

Par:  AZIZ LATRECHE

Pour certains métiers en Algérie, surtout pour ceux considérés comme pénibles, la relève pose problème et des spécialistes préconisent d’instaurer des mesures incitatives pour y remédier à cette situation.


Dans le domaine du BTPH, un constat est dressé, il n’y a pas beaucoup de main-d’œuvre, c’est le cas dans certains chantiers aux alentours d’Alger où les entrepreneurs peinent à trouver des manœuvres pour des travaux ordinaires.

A titre d’exemple, les chantiers de Birtouta  où beaucoup de projets de logements  sont en cours de réalisation, une source, qui a refusé de décliner son identité, nous affirme que la main-d’œuvre algérienne dans ce domaine est devenue « relativement rare». Pour pallier à cette situation, les entrepreneurs font travailler des «migrants subsahariens» qui eux  manifestent «un acharnement dans le travail», en dépit de leurs  tâches difficiles et de bas salaires. La même source abondant dans ce sens  que pour une journée de travail pour un simple manœuvre dans un chantier privé de construction, les personnes sont rémunérées à 1500 dinars alors qu’initialement ces travailleurs ne sont pas assurés parce qu’ils font souvent  un  travail  limité dans le temps, voire à la tâche.

Pour Roubayne Mustafa, le président de l’Organisation nationale des entreprises et  de l’artisanat, le constat est inquiétant du moment où le secteur du BTPH a perdu environ 70% de sa main d’œuvre, un phénomène qui rend les entrepreneurs «très préoccupés».

Le même intervenant annonce qu’il est faux de dire que «les jeunes algériens ne veulent pas se former dans ce créneau»  tout en déclarant qu’ «il y a un manque de mesures incitatives » pour encourager les jeunes à exercer ces métiers. Pour ce qui est de ces mesures, Roubayne Mustafa aborde surtout le problème d’assurance, lui qui considère que la compensation financière dans ce domaine est importante

En fait, pour ce constat, il y a un paradoxe. Autrement dit quand un simple  travailleur est payé à la tâche, il perçoit un salaire journalier de 2 000 dinars sans bénéficier d’une assurance de travail. En revanche, quand il est payé mensuellement, il pourra bénéficier d’une assurance et le salaire déduit  d’environ 25%, toujours selon les données qui ont été fournies par le président de l’association sus-citée.

 Dans le domaine de l’agriculture, les choses ne sont pas meilleures, les agriculteurs peinent souvent à trouver une main-d’œuvre et surtout lorsqu’il s’agit de récolter leurs produits.

L’expert agricole Aïssa Manseur avance que dans ce domaine il y a un manque flagrant de main- d’œuvre, notamment pour les métiers ordinaires,  alors qu’il existe également «un faible taux de mécanisation d’autant plus que les prix des machines agricoles sont très élevés».

Ce décor  mène souvent à une situation où les prix des produits agricoles connaissent des hausses considérables, d’abord parce que la récolte des produits peut subir des perturbations et ensuite parce que cette rareté de main-d’œuvre incite parfois des intermédiaires à «loue » les terres agricoles afin de les exploiter pour une période limitée.

Les dernières années, qui ont connu une certaine abondance de postes de travail à l’instar de ce qui s’est passé avec l’Ansej, ont aussi contribué à une situation où les jeunes n’étaient pas encouragés à exercer des métiers considérés comme pénibles, comme c’est le cas pour l’agriculture, toujours selon l’esprit des propos du même intervenant.

«Il faut aller vers des mesures incitatives telle l’assurance. Quant aux travailleurs saisonniers, il faut aller à une règlementation rigoureuse dans ce domaine», ajoute toujours le même expert.

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