LCA - Et si les solutions résident dans notre mode traditionnel de construction

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Pic de consommation d’électricité pour la Clim

Et si les solutions résident dans notre mode traditionnel de construction

Avec la forte canicule qui sévit depuis le début de la saison estivale - plus particulièrement, ces derniers jours où la température flirtait allègrement avec les 40° et le taux d’humidité, avec la barre des 90% - sur tout le territoire national, la consommation d’électricité et les pics qu’elle atteint certains jours sont, présentement, l’un des sujets qui reviennent le plus dans les discussions entre Algériens. Et ce, qu’ils soient simples citoyens ou concernés, de par leur fonction, par le problème. Parce que c’en est un. Par ses retombées sur la qualité de l’alimentation en énergie électrique fournie aux différents abonnés : ménages, administrations et opérateurs économiques. Mais également par les pressions que ces pics de consommation mettent sur les chargés du secteur de l’énergie national ; notamment sur ceux qui dirigent la Sonelgaz, entreprise chargée de la production, du transport et de la distribution de l’électricité dans notre pays. Il n’y a pas, en effet, un citoyen, au sein de sa maison ou sur son lieu de travail qui n’a pas eu à vivre une des manifestations de ces retombées ; les plus extrêmes étant la coupure d’électricité, dans nombre de cas pour raison de délestage, et les plus récurrentes, la baisse de tension ; toutes deux, il faut le dire, sources de désagréments. Des désagréments et leurs causes qui sont eux-mêmes sources de tracas pour les responsables du secteur de l’énergie national, et de ceux de la Sonelgaz. Surtout qu’à ces problèmes s’ajoute un autre : à savoir le pic de consommation d’électricité, qui, ces derniers jours, a atteint des hauteurs à donner le vertige. Le jeudi 13 juillet, les services compétents de la Sonelgaz ont annoncé l’enregistrement «d’un nouveau pic historique de consommation sur le réseau national». Estimé à «13 561MW »,il est expliqué, par l’APRUE (Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l'utilisation de l'énergie) par l’utilisation par les ménages algériens d’équipements domestiques électriques particulièrement «énergivores». Une cause qui s’ajoute et explique une autre, donnée également par l’APRUE, selon laquelle, «en moyenne, un foyer algérien consomme entre 1 800 à 2 000 kilowatts-heure/an alors que la norme internationale est de 200 à 250 kilowatts-heure/an ». Comme indiqué ci-dessus, tous ces problèmes ne sont pas sans avoir des conséquences sur les responsables du secteur de l’énergie national. Qui sont, de ce fait, constamment à réfléchir au lancement de nouvelles unités de production électrique. Une démarche que l’économiste et spécialiste du domaine énergétique, Mourad Preure, juge de peu judicieuse.« Mettre en place de nouvelles infrastructures uniquement pour gérer le pic de l’été serait du gaspillage», a-t-il, en effet, déclaré. Pour Mourad Preure, la mise en place de telles infrastructures est, assurément, un « investissement coûteux qui ne peut être amorti qu’à long terme» alors que le pic de consommation est un phénomène conjoncturel qui «ne survient que pendant une période donnée de l’année». Partant de ce constat, il a plaidé, comme solution intelligente et moins coûteuse à ce phénomène, pour une réponse à deux niveaux. Une première, qui doit être apportée conjointement par la Sonelgaz et l’Etat, consiste, a-t-il précisé, «en une action de sensibilisation intense pour encourager les gens à produire eux-mêmes, à partir du solaire, une partie de l’énergie qu’ils consomment. Se voulant plus précis sur ce point, il a suggéré que des actions doivent être menées en direction «des particuliers pour les amener à faire de leurs habitations «des maisons à énergie positive», et ce, «par l’installation de panneaux photovoltaïques au-dessus de leurs toits». A charge pour l’Etat, a-t-il ajouté, d’accorder à ceux qui s’inscrivent dans cette démarche, «des allègements fiscaux relatifs aux équipements» à acquérir. Pour mieux faire admettre sa solution, Mourad Preure a rappelé que «86%» du territoire de l’Algérie «est exposé à 3 500 heures d’ensoleillement par an – au nord du pays, ce temps tombe «à 2 650 heures». Ce qui constitue, n’a-t-il pas manqué de le souligner, «un potentiel qu’il faudrait exploiter au mieux». Cette insistance sur une utilisation plus franche du solaire comme solution pérenne au problème récurrent et conjoncturel du pic de consommation d’électricité ne l’a pas empêché, toutefois, pour plaider pour une autre solution. Qui est, disons, architecturale. Et qui consiste à un retour «aux maisons à fort coefficient d’isolation thermique (…) que nos aïeuls construisaient» ; des maisons qui l’étaient «avec des matériaux traditionnels» et qui, au final, a-t-il conclu, «s’avèrent beaucoup moins voraces en énergie que les maisons en béton». Cette suggestion de Mourad Preuve est fortement appuyée par le constat d’un cadre de la subdivision de la construction et de l’urbanisme de la wilaya de M’sila et le témoignage d’une habitante de la ville, rapportés dans un reportage sur ce type de construction, publié avant-hier par l’APS. Le premier a révélé que le mode de construction utilisé, il y a plus d’un siècle maintenant, dans le vieux Bou Saâda et dans les vieux quartiers d’El-Argoub et d’El-Kouch de M’sila, «garantit une température intérieure inférieure de 9° par rapport à l’extérieur». Ce qui permet, a-t-il ajouté, aux propriétaires des maisons s’y trouvant «de s’en passer de climatiseurs». Un fait que l’habitante précitée de la capitale du Hodna a pleinement confirmé : «Je n’ai aucunement besoin d’un appareil de climatisation pour rafraîchir l’intérieur de la maison parentale. Le confort thermique demeure impeccable au point que même durant l’hiver elle n’a pas besoin d’installer un appareil de chauffage». Le plus intéressant dans toutes ces déclarations et témoignages sur l’efficacité en matière d’isolation thermique de ces maisons traditionnelles, c’est que tous les matériaux qui ont servi à leur construction sont disponibles au niveau local. Et, surtout, à un coût des plus économiques.

Lu 42 fois Dernière modification le mercredi, 16 août 2017 21:09

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