LCA - Les forêts, une richesse à protéger, à développer et à exploiter

forestière ph: archive

Les derniers incendies ont mis à nu l’urgence de leur prise en charge

Les forêts, une richesse à protéger, à développer et à exploiter

L’Algérie, c’est connu, est un pays semi-aride : plus des deux tiers de sa vaste superficie sont, en effet, constitués de déserts et de steppes, qui dispose, toutefois, d’une vaste aire sylvestre. Concentrée essentiellement dans sa partie nord, celle-ci s’étend actuellement, selon les chiffres communiqués lors de la tenue, en mars 2012 à Alger, de l’Atelier national sur les ressources génétiques forestières en Algérie, une rencontre conjointement organisée alors par l’Institut national de recherche forestière (INRF) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sur une superficie estimée à 4,15 millions d’hectares.

Un chiffre qui toutefois ne reflète pas la véritable réalité de nos forêts. Puisque sur les 4,15 millions d’ha recensés, la forêt naturelle ne représente que 1,3 million d’hectare ; le reste étant constitué de «matorrals, de maquis, de garrigues et de superficies reboisées». C’est dire la relative pauvreté de nos forêts où poussent néanmoins, toujours selon la même source, pas moins «de 3 139 espèces végétales naturelles appartenant, en majorité, à l’élément méditerranéen».

Et, partant, l’urgente nécessité d’entreprendre des actions résolues visant à leur conservation, dans un premier temps, et à leur régénération artificielle, par le biais du reboisement, dans un second, sans que cette énonciation n’implique une quelconque priorisation de l’une de ces actions sur l’autre.

L’urgence de ces actions est dictée par des considérations historiques mais également socio-économiques. C’est, à l’évidence, dans cette optique que s’inscrivent les propos que le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a tenus, avant-hier, dimanche, dans la wilaya de Jijel où il était en visite de travail. 

Abdelkader Bouazeghi y a, en effet, clairement appelé «à investir dans les forêts pour lutter contre les incendies qui menacent la pérennité de ce patrimoine national». Des propos, qui prennent tout leur sens quand on les ramène aux considérations historiques précitées.

Dans un article paru en janvier 1994 dans la revue «Forêt méditerranéenne», éditée par l’association française éponyme, Djallil Louni, expert forestier, qui s’était basé en l’occasion sur des études publiées, en 1925, par Marre et, en 1987, par Kadik, avait rapporté que le couvert forestier algérien s’étendait, durant la période coloniale, sur quelque «7 318 000 ha». Ce qui représentait alors quelque 27,17% de la superficie totale du pays. Avant de tomber, à la veille de l’indépendance, à presque 3 millions d’hectares, soit l’équivalent de 11% de cette dernière.

Plus précis à propos de cette dégradation, L. Khelifi, directeur de l’Ecole nationale supérieure d’agronomie (ENSA), a révélé, dans une étude publiée en 2002, que durant «la période 1865-1905 près de 1 825 000 hectares de surface forestière a brûlé».

Une dégradation qui s’est, malheureusement, poursuivie après l’indépendance du pays. Cette fois-ci, essentiellement, du fait des incendies. Des statistiques de la Direction générale des forêts (DGF) portant sur la période allant de l’année 1963 à l’année 2000 font état de la destruction, durant cette période, «de 1 376 581 ha de forêts, de maquis et de broussailles».

Avec les graves incendies que connaissent, depuis le début de la présente saison estivale, les forêts du pays, il est à craindre que cette dégradation se poursuive.   Selon le directeur général des forêts, Azzedine Sekrane, «les 1 604 incendies recensés depuis le 1er juin, ont (déjà) ravagé 14 310 hectares de surfaces forestières, maquis et broussailles».

Ce qui risque non pas de remettre en cause les efforts des pouvoirs publics déployés pour protéger et développer l’espace forestier national, mais de retarder la concrétisation des objectifs attendus de cette action.     

Des objectifs dictés par les considérations socioéconomiques susmentionnées qui commandent à l’urgence d’aller et vers une meilleure protection et une plus grande extension de ce patrimoine et vers son utilisation économique.

Le premier volet implique tout à la fois des actions de reboisement plus soutenues et, surtout, mieux étudiées qui laisseraient peu de place au volontarisme. Un volontarisme qui a marqué la réalisation, dans les années 70, du fameux Barrage vert ; une muraille voulue verte qui devait s’étendre, sur 1 200 km, le long des limites méridionales des Hauts-Plateaux, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne, mais dont les résultats obtenus sont en-deçà de ceux escomptés ; du  fait, précisément, du volontarisme précité qui a marqué sa réalisation.

Quant au second, il comporte deux aspects : le premier ludique et touristique qui ferait de nos aires sylvestres des espaces de détente et de loisirs ouverts à la population. Et le second, qui ferait de nos forêts un espace économique par excellence, et ce, par l’exploitation de toutes les richesses qu’elles contiennent : du bois à certaines plantes qu’on y trouve en passant par les activités qu’elles permettent telles, entre autres, l’apiculture.

 

Ce second volet n’est pas dissociable des actions de reboisement qui doivent continuer à être menées pour aider à l’extension artificielle de nos espaces forestiers. Bien mieux, le pays, et son économie, gagneraient beaucoup à un reboisement étudié, qui permettrait la plantation d’espèces pouvant être utilisées dans une activité économique ; la production de bois et l’arboriculture, par exemple.

Mais pas uniquement dans ce créneau. Dans le sud du pays et, plus précisément, dans la région de Tindouf, un arbre y pousse à l’état endémique, qui a une valeur économique avérée. Il s’agit de l’arganier dont les fruits donnent des graines qui sont utilisées dans la fabrication de nombre de produits cosmétiques, et, de ce fait, sont très recherchées.

Lu 133 fois

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'entrer toutes les informations requises, indiquées par un astérisque (*). Le code HTML n'est pas autorisé.

A lire aussi

4 000 retraits de permis en un mois

Sécurité routière à Alger

4 000 retraits de permis en un mois

Le e-commerce bientôt encadré

Un projet de loi au niveau de l’APN

Le e-commerce bientôt encadré

ville touristique ou dépotoir ?

Aïn Tagouraït (Tipasa)

ville touristique ou dépotoir ?

Le verbe «gaspiller» conjugué à tous les temps

Journée mondiale contre le gaspillage alimentaire

Le verbe «gaspiller» conjugué à tous les temps

L’Ordre des médecins se dit inquiet

Insécurité dans les hôpitaux

L’Ordre des médecins se dit inquiet

Le problème sera résolu à l'horizon 2020

Necib au sujet du rejet des eaux usées à Alger

Le problème sera résolu à l'horizon 2020

270 000 logements à réaliser en 2018

Ils concerneront les formules AADL, LPA et ruraux

270 000 logements à réaliser en 2018

La Trésorerie de la Cnas bat de l’aile !

Avec 12 milliards de DA remboursés rien que pour les arrêts de maladie

La Trésorerie de la Cnas bat de l’aile !

En bonne voie, selon Xavier Driencourt

Projet d’usine de Peugeot en Algérie

En bonne voie, selon Xavier Driencourt

«L’APN assumera sa responsabilité»

Financement non conventionnel, inflation, gaz de schiste

«L’APN assumera sa responsabilité»

10 185 médecins algériens exercent en France

Ils représentent 38% des étrangers installés à Paris

10 185 médecins algériens exercent en France