LCA - L’Algérien entre le feu de son «vouloir d’achat» et du «pouvoir d’achat»

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Emancipation, société de consommation et crise financière

L’Algérien entre le feu de son «vouloir d’achat» et du «pouvoir d’achat»

Après des années de dirigisme, l’Algérien s’est ouvert au monde et a commencé à apprécier un nouveau mode de consommation sans limites, accentué  en cela, par l’exubérance financière de l’Algérie. Les pétrodollars aidant, nos compatriotes n’ont pas eu à se soucier des aléas de la vie et se sont lancés d’une manière effrénée vers la consommation à outrance découvrant d’une manière délictueuse l’art de consommer en abondance. Les joies de l’ouverture économique donnaient aux Algériens cette impression de puissance que rien ne peut ébranler.


Seulement le rêve a un prix et ne dure pas éternellement. Pendant que les villes s’engraissaient à foison dans les nouveaux supermarchés et autres superettes, le pays profond, en dépit de la volonté politique, est resté dans une sorte de stagnation, forçant les locaux à migrer vers l’opulence des grandes cités, accentuant de fait, une crise de logement difficilement résorbable. L’éclatement de la bulle immobilière de 2008 n’a pas fait prendre conscience à nos compatriotes de l’imminence de la crise à venir, et la chute du prix du pétrole nous a réveillés de notre torpeur.

Celui, qui ne prenait pas garde à la note dans les supermarchés, est réduit de nos jours à surveiller ses dépenses et calculer sa consommation d’énergie. L’Algérien se trouve entre le marteau de son vouloir d’achat et l’enclume de son pouvoir d’achat. Les restrictions sont dures à «digérer», et même les marchés de proximité ne sont pas arrivés à baisser la tension sociale. La mercuriale prend son envol et ne semble pas terminer sa course, pendant que le pétrole, lui, n’arrête pas de lorgner vers le bas. Et l’Algérien, qui s’est habitué à consommer sans restriction, a vu son pouvoir d’achat sinon laminé, au mieux, fortement diminué. Le portefeuille se vide mais pas de la boulimie des achats. Celle-ci est restée vivace dans les esprits et l’Algérien se sent frustré des joies de la vie qu’il commençait fortement à apprécier. L’amertume est si grande que même les soldes organisées en grandes pompes par de grands magasins n’ont pas réussi à faire oublier la perte du «vouloir d’achat». La situation dans beaucoup de ménages est devenue critique, et la frustration plus grande, rien que pour l’achat d’un kilo de viande rouge, la réflexion est devenue nécessaire. Crise quand tu nous tiens !

L’inflation est devenue si grande que d’aucuns n’arrivent plus à se situer dans une catégorie de couche sociale. Cette inflation galopante est la conséquence directe du renchérissement des produits de consommation de toute nature, selon l’ONS (Office national des statistiques).

Cette crise n’a fait que fracturer davantage l’Algérie. Car crise ou pas crise, l’Algérien est loin de vouloir accepter son sort et continue bon an mal an à fréquenter les supermarchés, à consommer sans modération. Les restrictions sont pour les autres, et dans les grandes agglomérations, on continue à faire la chaîne pour un hamburger et à remplir les caddies.

Mais qu’en est-il alors de l’Algérie profonde?

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