Malgré les risques liés à sa transition politique

L’Algérie en possession d’éléments de croissance économique forte

Par:  Abdelkader Mechdal
Lu 1114 fois

Pour les institutions de notation des risques/pays, la situation politique en gestation que connaît l’Algérie, alimente le risque des transactions avec ce pays, et ce, en plus de ce qui a été observé comme difficulté de tenir une conduite de politique économique cohérente, tant qu’elle se base essentiellement sur la dépense publique, pour la construction de la croissance.


Par Abdelkader Mechdal

Economiste  

 

Les estimations de la Banque mondiale pour l’Algérie tablaient sur la réalisation de la croissance à un niveau ne dépassant pas le taux de 2,3% l’année en cours 2019 (chiffre révisé à la hausse en juin 2018), et ce, pour les prévisions optimistes prenant compte de l’effort de stabilisation des grands agrégats économiques promis par les autorités publiques.

Cette analyse, qui se réfère à un modèle économique se basant sur une intervention publique accrue, croit à la limite de l’impact sur la croissance du financement non conventionnel, puisque la politique économique, qui joue sur la création monétaire, ne pourra pas pousser l’économie vers l’expansion, ce qui mène les spécialistes de la Banque mondiale à tabler sur un taux de croissance ne dépassant pas le taux faible de 1,8% seulement pour l’année prochaine 2020.  

Un autre élément de risque à l’international a une relation avec la vulnérabilité des comptes publics complètement dépendants des ventes des hydrocarbures, ce qui fait que l’élément externe qui est le prix du baril de pétrole, c’est lui qui va conditionner les grands équilibres financiers, et par-delà accentuer les restrictions en matière de transferts de capitaux, si le niveau des prix ne se relance pas. La situation sur le marché pétrolier étant très tendue, les prévisions concernant son évolution restent prudentes.

Dans cet ordre d’idées, l’institution de Bretton Woods, dans son «world economic outlook report», insiste sur cette corrélation entre la diminution progressive de la dépense publique et les taux de croissance faibles attendus, ce qui l’emmène à réviser ses projections d’une année à une autre, pour l’année 2020 par exemple, elle a tablé en 2018 sur un taux de croissance à 1,3% pour l’année 2020, avant de le réviser à la hausse en 2019 pour atteindre 1,8%.

Mais l’économie algérienne, et malgré les effets de stagnation attendus pendant la période d’expectative liée à la transition politique d’après le règne de Abdelaziz Bouteflika, elle peut renverser la situation et reconstruire la confiance, en jouant sur deux grands éléments. Le premier, c’est d’observer les règles de la transparence quant à l’étude des dossiers de corruption et de l’appropriation frauduleuse des deniers publics, ce qui affectera positivement le moral des opérateurs, et ainsi les inciter à reprendre leurs projets dans un climat de sérénité.

Le deuxième élément important, c’est de lever dans les plus brefs délais, les entraves et les injustices qui ont frappé les investisseurs à grandes potentialités de création de la richesse et de l’emploi, et qui se retrouvent dans une situation d’attente pour la réalisation de leurs projets. Comme il est aussi important, d’associer les investissements directs étrangers, en leur facilitant l’accès au marché algérien, ce qui va aider à l’amélioration du climat des affaires dans le pays, et de là, l’amélioration de la position de l’Algérie à l’occasion des évaluations des risques/pays par les institutions de notation, internationales.

Dernière modification le mercredi, 03 avril 2019 20:27

A LIRE AUSSI..