La Banque d'Algérie en mission de réparer les maladresses du gouvernement
15 Avr 2019
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Il a asphyxié l'économie par des crédits malsains

La Banque d'Algérie en mission de réparer les maladresses du gouvernement

Par:  Abdelkader Mechdal
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Les instruments de la politique monétaire ont été empêchés de jouer le jeu de régulation au profit de l'économie. L'exécutif a préféré de procéder autrement, en imposant à la Banque centrale une création monétaire génératrice de déséquilibre économique à terme, surtout en ce qui concerne l'alimentation de l'inflation et la dépréciation de la monnaie en recourant au financement de l'économie par des crédits malsains.


C'est la conclusion qui peut être faite de la nouvelle note de la Banque d'Algérie, qui nous mène à insister sur le tort qui a été porté à l'indépendance de l'autorité monétaire, pourtant consacrée par les textes de la loi sur la monnaie et le crédit, dans sa version authentique de 1990, qui avait instauré une séparation entre les décisions de la Banque centrale, et celles du gouvernement, en revenant aux règles universelles qui donnent à cette institution, qui est la Banque d'Algérie sa force de conseil pour la bonne tenue de la politique économique du pays.

Mais hélas, l'esprit de la gestion purement administrative des affaires économiques a pris le dessus, en réduisant la Banque centrale par le biais de l'amendement présidentiel effectué au début des années 2000, en simple instance exécutante des approches du gouvernement, même si celles-ci ne sont pas toujours compatibles avec  la rigueur qui doit guider les interventions de la Banque d'Algérie en matière de politique monétaire.

Pourtant, plusieurs alternatives existent hors l'engrenage du financement par le biais de la planche à billets. Il s'agit des instruments traditionnels mondialement connus. Il y a lieu de parler de la mobilisation des titres au niveau des banques primaires, pour le refinancement chez la Banque d'Algérie, surtout ce qui concerne la part des titres détenus par les privés, chose qui n'a pas été exploitée pour offrir plus de liquidités.

L'autre instrument est la régulation par le taux d'intérêt. Là, il est évident que pour encourager les opérateurs à demander l'argent dont ils ont besoin pour le financement de leurs projets, il suffisait de baisser le taux référentiel de la Banque d'Algérie. Comme l'instrument de manipuler les réserves obligatoires, va libérer plus de liquidités si leur taux est révisé à la baisse, ce qui permet une couverture supplémentaire des besoins en argent, exprimés par les opérateurs.

A partir du fait que la Banque d'Algérie n'a pas utilisé tous ces instruments d'intervention, elle n'avait pas le droit de passer à la création monétaire demandée par le gouvernement en vue de financer le déficit budgétaire. Ce financement non conventionnel, qui a atteint les 6556,2 milliards de dinars, dont 47% a été destiné au secteur économique, ce dernier qui obtient ainsi de l'argent sans assise réelle, c'est-à-dire des crédits malsains, en plus de l'autre liquidité qui constitue les 53% restants de l'opération, qui ont été destinés aux secteurs non productifs, et de là, à encourager la dépense publique générant une non consolidation budgétaire à moyen terme qui va à l'encontre des objectifs annoncés par les pouvoirs publics.

Cette situation peu confortable pour la Banque d'Algérie, la pousse à réduire les effets néfastes du recours au financement non conventionnel de l'économie, et ce, en recourant à l'absorption des surliquidités constituées, ce qui explique sa dernière révision du taux des réserves obligatoires en l'augmentant de 8% à 12%, et ce, dans le souci de la maîtrise des effets inflationnistes.

Abdelkader Mechdal

Economiste

Dernière modification le lundi, 15 avril 2019 21:45

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