L'industrie publique préserve ses mauvaises performances
16 Avr 2019
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En dépit d'une intervention soutenue des autorités

L'industrie publique préserve ses mauvaises performances

Par:  Abdelkader Mechdal
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L'industrie publique reste le parent pauvre de l'économie algérienne, et ce, malgré les interventions publiques qui visaient son maintien dans des conjonctures difficiles qu'a connues le pays. Cette situation incrimine un environnement peu compatible avec l'évolution du marché qui se veut de plus en plus sélectif et concurrentiel, ce qui explique le fait qu'il n'arrive toujours pas à améliorer sa performance qui ne bouge pas de ses 5% du PIB.

Même si la décroissance du secteur industriel public est minime en enregistrant un recul de 0,4% l'année passée 2018, par rapport à l'année précédente 2017, mais cela ne peut pas sortir de l'évolution générale de ce secteur, qui dans ses meilleures positions, il ne fait que stagner, et ce, depuis plusieurs décennies.

Le point de situation publié par l'Office national des statistiques (ONS), nous révèle la crise du secteur industriel de l'Etat, qui n'arrive toujours pas à décoller. Puisque les filières industrielles connaissent des difficultés à revenir à la production, à leur tête, nous avons les hydrocarbures, mais aussi la sidérurgie, la mécanique, l'électrique et électronique, le textile, les matériaux de construction et le bois et papier. Toutes ces filières ont connu un recul, et ce, en dépit des programmes gouvernementaux les visant, pour non seulement les pousser à la croissance, mais aussi de tirer celle de tout le secteur industriel.

Les branches industrielles les plus dynamiques, nous avons à leur tête, la fabrication des biens de consommation mécanique qui a enregistré un saut de sa production qui a été multipliée par trois, avec une croissance exceptionnelle de presque 300%, chiffre qui relate la rentrée en production de plusieurs marques de véhicules, légers et lourds dans le cadre des partenariats avec l'étranger concernant l'activité du montage.

Les autres activités industrielles, qui ont enregistré une bonne performance en taux de croissance, ont relation avec la production et transformation des métaux non ferreux au niveau de 38,9%, les biens d'équipement métallique avec 28,5%, et la fabrication des biens d'équipement électrique au taux de 6,1%.

Ce qu'il faut retenir, dans la situation paradoxale que connaît le secteur, que des filières comme les cuirs et chaussures, qui vivait une agonie depuis l'ouverture du marché dans les années 1990, avec une perte presque totale des parts de marché au profit des produits importés, elle revient pour une fois avec une croissance significative de l'ordre de 14,9%. L'amélioration a touché aussi les industries diverses avec 55% de croissance, ainsi que les branches des biens intermédiaires, des biens de consommation, des industries agroalimentaires.

En fait, si on se réfère seulement aux résultats négatifs enregistrés, on va faire un saut sur une réalité, qui est celle de l'absence d'une stratégie à long terme dans le domaine du développement industriel. Cette stratégie qui devrait se baser sur l'amélioration de l'environnement de l'investissement, et l'assainissement du marché en encourageant le secteur privé, plus adapté aux situations de concurrence.

Abdelkader Mechdal

Economiste  

Dernière modification le mardi, 16 avril 2019 21:44

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