L'absence d'un guichet unique a servi la fraude dans le commerce extérieur

Que de temps perdu pour l'application des règles de la transparence

Par:  Abdelkader Mechdal
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Défendre les intérêts de l'économie nationale dans le domaine du commerce extérieur, est l'affaire de plusieurs départements publics, ce qui mène à l'obligation de renouveler l'idée de travail dans le cadre d'un guichet unique, seul moyen pour assurer la transparence des transactions, si importantes en volume, dans une conjoncture caractérisée par une rareté des moyens de financement en devises.

L'idée du guichet unique, qui resurgit pour un meilleur contrôle du commerce extérieur, ne fait que reprendre un mode de gestion des transactions avec l'étranger, pensé au temps de l'ouverture de ce secteur aux opérateurs privés dans le cadre des réformes vers l'économie de marché. Trois décennies se sont écoulées, pour revenir à la case départ.

A cet égard, l'administration des Douanes algériennes veut changer les modalités de contrôle du commerce extérieur, en remplaçant le système d'information actuel avec un autre qui, selon ses promoteurs, pourra garantir une meilleure visibilité quant au règlement de la valeur en devise des échanges. Un système, qui se veut transparent, a été conçu par les Coréens du Sud, avec une technicité avancée, ce qui est censé faire réduire les délais de dédouanement et permettre la détection des pratiques de fraude.

Ces pratiques, qui ont saigné l'économie nationale, viennent de rejeter leur responsabilité de la part des représentants des banques, en indiquant par le biais du président de l'Association des banques et des établissements financiers (Abef), que le contrôle doit être effectué par les services de douanes en exclusivité, vu que les banques n'ont pas les moyens de suivre les cours sur les marchés étrangers. Cette argumentation, en fait, n'a pas lieu d'être mentionnée, pour la simple raison que les banques, en plus de leur travail classique en ce qui concerne la gestion des crédits, les services qu'elles doivent assurer ont aussi une relation avec le conseil aux opérateurs.

La fonction de conseil, a une relation avec le renseignement et l'accompagnement que les banques peuvent offrir à leur clientèle parmi la communauté des hommes d'affaires, concernant les marchés et les modalités de transaction, et bien sûr l'orientation vers des fournisseurs qui peuvent garantir une meilleure prestation en qualité/prix des produits, en exploitant le réseau auquel appartient l'établissement bancaire concerné et qui permet l'échange de renseignement à l'international.

Cet état de fait, fait que le contrôle des opérations du commerce extérieur, a besoin d'un travail en commun qui doit se faire pour encadrer les transactions et assurer les meilleures conditions d'approvisionnement, en quantités, qualité et prix, ce qui économiserait les dépenses en devises. Ce travail doit se faire dans le cadre d'un réseau d'information regroupant les services du ministère de Commerce, les Impôts, les banques et les assurances, dans le cadre du guichet unique qui doit imposer les bonnes pratiques dans le domaine du commerce extérieur.

Le chiffre de 40 milliards de dollars US des importations, enregistré en 2018, peut être revu à la baisse, grâce à la liaison entre les services bancaires et d'assurance à fournir aux opérateurs, et le choix des marchés et des fournisseurs, ce qui permettrait leur orientation vers les meilleures opportunités, au bénéfice de l'économie nationale.

Abdelkader Mechdal

Economiste      

  

Dernière modification le mercredi, 17 avril 2019 21:54

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