Un gouverneur par intérim nommé à la Banque d'Algérie

L'autorité monétaire reprendra-t-elle ses prérogatives en main?

Par:  Abdelkader Mechdal
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Les nouvelles nominations à la tête des deux institutions névralgiques, qui sont la Banque d'Algérie et les Douanes algériennes, viennent de prendre effet après la contestation constatée dans les milieux financiers du pays, surtout en ce qui concerne la prise en charge des dossiers des surliquidités générées par la planche à billets, et des transferts illicites des devises vers l'étranger.

Cette décision, qui vient pour rassurer le monde des affaires, quant à la prise en charge effective des grands dossiers de l'import-export et des transferts des devises en liaison, a pris du temps pour se concrétiser, puisque le poste de gouverneur de la Banque d'Algérie est resté vacant depuis la nomination de son ex-responsable, au poste de ministre des Finances. Cette vacance ne pouvait être comprise, que dans le sens de non appréciation juste de la sensibilité de la prise de décision à la tête de l'autorité monétaire.  

Effectivement, au temps où de grands dossiers sont ouverts dans le domaine de la politique monétaire de l'Etat, ce n'était pas normal qu'un gouverneur ne soit pas nommé pour prendre acte des décisions d'accompagnement au profit de l'économie nationale, qui vit une situation si délicate avec le pic qu'a connu la dépense publique, d'une part, et le rétrécissement que connaissent les moyens financiers de l'Etat, d'une autre part.

Le plus grand dossier à prendre en charge, et qui va conditionner l'efficacité de la décision publique et l'avenir même de l'économie nationale et celle du pays tout entier, reste cet héritage si lourd qui est la création monétaire en relation avec la planche à billets, outil financier consacré pour faire face aux besoins en financements publics. La démarche, contestée dans les milieux financiers du pays, a été utilisée par l'exécutif dans un sens irrationnel, puisqu'elle a inondé le marché avec des surliquidités qui allaient tirer l'inflation vers le haut, approchant un niveau de deux chiffres.

Cette situation, a poussé les experts de la Banque d'Algérie, à sortir de leur mutisme, et exprimer dans une note officielle publiée la semaine passée, leur désapprobation quant à la création monétaire opérée, considérant que la Banque d'Algérie n'a pas épuisé toutes ses prérogatives pour alimenter le marché en liquidités, puisque les outils d'intervention par le biais de la manipulation des taux d'intérêt et de la réserve obligatoire des banques, permettaient de subvenir à la demande de crédits exprimée par les opérateurs économiques.

L'autre grand dossier est lié aux pratiques de fraude dans les déclarations dans le cadre du commerce extérieur, qui fait perdre à l'Etat des moyens financiers énormes, et qui prennent des destinations occultes. Cette situation a inspiré l'exécutif de demander une meilleure collaboration entre les départements des finances représentés par les Douanes algériennes, du commerce et de la Banque d'Algérie, pour échanger le renseignement en ciblant toutes les opérations avec l'étranger, même si ce travail de veille reste une prérogative des instances de la Banque d'Algérie.

Abdelkader Mechdal

Economiste       

Dernière modification le dimanche, 21 avril 2019 21:40

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