Mandat de dépôt, enquête sur la corruption

La scène politique en pleine effervescence

Par:  Naama Abbas
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L’adage populaire  décrit le mois d’avril comme le mois des fous en raison de l’imprévisibilité de la météo en matière de météo politique, la journée de mardi restera dans les annales de l’histoire de ce mouvement populaire qui manifeste depuis le 22 février dernier et qui exige le départ de tout le système politique ainsi que les hommes qui l’ incarnent . Ainsi donc, la journée du mardi a fait courir la presse tous organes confondus dans tous les sens.


Tôt le matin, la malheureuse nouvelle de l’effondrement de l’immeuble situé aux abords de la mosquée El-Ketchaoua,  dans le quartier populaire de la Basse-Casbah, faisant cinq mort, allait donner le top départ à une journée interminable faite de rebondissement en rebondissement.

L’immeuble très bien repeint de l’extérieur, mais entièrement délabré de l’intérieur et même classé plusieurs fois dangereux, a quand même continué à abriter des familles qui avaient raison que cette vieille bâtisse aurait dû être évacuée, quand bien même, les familles avaient résisté ou refusé.

Il n’en fut rien et ce qui devait arriver arriva dans la stupeur générale de ce drame. Le wali ainsi que le président de l’APC de cette commune ont été tout simplement chassés par les riverains de ce quartier, outrés par cette catastrophe mais aussi en colère contre ces élus qui devront répondre de leurs actes devant la justice, le procureur s’étant saisi de cette affaire et les autorités ont rapidement réagi en mettant fin aux fonctions du wali d’Alger .

Sur un tout autre plan, la conférence, devant porter sur des consultations politiques en vue de préparer la transition et d’aller vers les élections du 4 juillet prochain, a été un véritable flop marqué notamment par le boycott de toute la classe politique, et de la société civile ;  de mémoire d’Algérien, une conférence organisée par la Présidence de la république n’ avait aussi connu autant de refus. Inimaginable, le clou de cette journée allait être ces convocations en cascades de la justice, d’hommes d affaires très connus sur la scène médiatique à l image de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, du ministre en poste des Finances dont leur convocation leur a été officiellement signifiée , et puis le mandat de dépôt émis à l’encontre des frères Kouininef et de Rebrab dont les informations étaient très contradictoire entre Rebrab à travers ses tweet et l’ENTV qui, elle, affirmait le contraire. Si aujourd’hui le mouvement populaire exige le départ de tout un système qui a laissé la corruption prospérer à l ombre d’un pouvoir qui a laissé faire à tel point que des fortunes colossales se sont amassées dans l’impunité totale, il y a toutefois, dans cette nouvelle façon de faire de la justice, quelque chose qui ne va pas. Les personnes arrêtées ainsi que les enquêtes en cours sont en principe non achevées, ce qui préserve l’innocence de ces personnes, alors pourquoi cette médiatisation outrageante qui donne l’impression de vouloir lyncher médiatiquement ces personnes.  Depuis quand une convocation d’un citoyen, même s’il s’agit d’un ex-Premier ministre ou d’un ministre, est donnée en prime time d’un journal télévisé et qui a fait descendre aux abords du tribunal d’Alger une foule hostile et haineuse ? Autant de questions qui restent pour l’instant sans réponse mais qui inquiètent. La politique de règlement de comptes ne mène nullement, si ce n’est aux dérapages dont l’Algérie a déjà payé le prix durant les années de feu. Comment se fait-il qu’un homme politique Aboudjerra Soltani se fasse agresser dans une manifestation en plein Paris par des Algériens se revendiquant du mouvement «Hirak» et qu’il n’y ait pas eu de réaction de la classe politique, si ce n’est des caricatures désobligeantes cautionnant cet état de fait. La violence doit être dénoncée de part et d’autre, les positions extrémiste et haineuse se doivent d’être bannies.

Par Naama Abbas

Dernière modification le mardi, 23 avril 2019 21:15

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