Mesures de soutien du pouvoir d’achat des ménages

La solution durable est de mettre terme à la spéculation

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Pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages pendant le mois de Ramadhan, les autorités publiques préconisent de faire appliquer un prix référentiel, touchant quelques produits de grande consommation, souhaitant ainsi freiner l’augmentation exorbitante des prix, que connaît le mois sacré, chaque année.


Par Abdelkader Mechdal Economiste

La démarche officielle consiste à imposer aux commerçants de ne pas dépasser une marge bénéficiaire maximum de 20%, dans le souci de faire stabiliser les prix des produits sur les marchés. L’outil de contrôle n’est que de faire engager des agents des services de commerce des différentes wilayas, avec la demande d’aide de la part des services de sécurité, en vue de sécuriser le travail de ces derniers.

D’une autre part, il s’agit de jouer sur l’offre de produits connaissant une forte demande pendant le mois sacré, en recourant à des importations massives, surtout en ce qui concerne les viandes, la banane et les fruits secs. Là, il s’agit d’exonérer les importateurs de ces produits du paiement du droit additionnel provisoire de sauvegarde, destiné à protéger le produit national, ce qui permettrait la maîtrise des prix à l’importation, et ainsi à la consommation domestique.

Une autre idée va être aussi expérimentée, qui est celle d’ouvrir des marchés ambulants de proximité, pour renforcer ceux déjà existants, et qui n’arrivent pas à contenir la forte demande des produits frais pendant la période du Ramadhan. Le chiffre ici est impressionnant, puisqu’il atteint les 600 marchés, ce qui représente +40% du nombre actuel des marchés que compte tout le pays.

Malgré le fait que toutes ces procédures vont être expérimentées pour réguler un marché qui connaît une réelle euphorie chaque année en cette période de jeûne, mais reste à poser la question s’il n’y a pas d’autres solutions à appliquer, non pendant le Ramadhan seulement, mais tout au long de l’année.

En fait, d’autres niches existent pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, en premier lieu mettre en œuvre un plan à moyen et long terme, pour faire face au phénomène de la spéculation, puisque même si la production des produits frais est abondante, rien ne peut garantir des prix qui vont suivre en diminuant, tant que les quantités acheminées vers les marchés sont sous contrôle des spéculateurs, ce qui touche de plein fouet et depuis des dizaines d’années, le pouvoir d’achat des citoyens. L’abondance de la production a besoin de la réalisation de nouveaux marchés de gros, et d’autres de plus petite taille dans l’objectif de rapprocher les producteurs des consommateurs sans recours à des intermédiaires.

Il y a aussi un travail à faire au détail, en recourant à la détermination des marges bénéficiaires au niveau des hypermarchés, et là il n’est nullement acceptable que la marge appliquée par un petit commerce du coin dans une cité, soit équivalente ou moindre par rapport à celle appliquée dans la grande distribution, tant que celle-ci joue sur la vente en quantités, ce qui lui permet de couvrir ses frais à l’aise. Comme il y a lieu d’insister sur l’encouragement de l’investissement dans la production et les chaînes de distribution, comme outil incontournable pour assurer l’approvisionnement des marchés, et la maîtrise durable des prix.

Dernière modification le lundi, 29 avril 2019 21:27
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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