Le Brent perd 6% de sa valeur record en une semaine

Les pays de l’Opep sous une forte pression américaine

Par:  Abdelkader Mechdal
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Le prix du pétrole va terminer le week-end avec une baisse supplémentaire estimée à 2%, et ce, en réaction au plan américain, qui prévoit non seulement l’augmentation record de sa production, mais aussi la demande des deux grands alliés l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, de faire monter leurs productions en prévision de la fin de période de l’accord de réduction de 1,2 million barils/jour de l’Opep+, juin prochain.


Par Abdelkader Mechdal- Economiste            

Les prix du pétrole ont connu une diminution du record enregistré la semaine passée, qui valait plus que 75 dollar/baril du Brent référentiel de la mer du Nord, pour terminer à 70.38 dollars/baril à l’ouverture des marchés vendredi matin, ce qui constitue une perte de plus que 6% de sa valeur. Une tendance qui va se poursuivre ce week-end, et ce, en réaction à une intervention américaine accrue, dans le cadre de la gestion de son embargo, contre deux pays producteurs membres de l’Opep, que sont l’Iran et le Venezuela.

Cette évolution a été marquée par le renforcement des capacités de production des compagnies américaines, qui atteignent un record à elles aussi de 12.3 millions barils/jour, dans le cadre de l’objectif mis à exécution consistant à remplacer les quantités manquantes des quotas des pays sous embargo dès ce 1er mai, et non seulement, puisque les Etats-Unis veulent pénétrer le marché mondial avec plus de quantités, pour affirmer ainsi leur position de pays exportateur enregistrée dès le mois de novembre de l’année passée 2018.

Les chiffres nous renseignent que ce grand pays consommateur traditionnel a pu se positionner sur les marchés extérieurs, avec des quantités exportées de 3,2 millions de barils/jour en brut et 5.8 millions barils/jour de produits pétroliers. D’une autre part, les Etats-Unis jouent sur une meilleure gestion de ses stocks de brut, qui ont atteint 9.9 millions de barils au cours de la semaine passée.

La réaction des pays de l’Opep, quant à la demande américaine consistant à faire augmenter la production, a été ferme puisqu’elle insiste sur le fait que l’accord de maintien des quotas réduits, appliqué actuellement, en associant des pays hors-Opep, doit être respecté et essayer de le reconduire pour une nouvelle période le mois de juin prochain, chose qui va être discutée lors de la réunion de l’Organisation les 25 et 26 mai. Mais la pression américaine sur les pays de cette dernière, ne s’arrêtera pas, et ce, en revenant à ses grands alliés au sein de l’Opep, et à leur tête l’Arabie Saoudite.

Pour la production de cette dernière, elle va être revue à la hausse le mois prochain, en prévision de la surconsommation qu’enregistre le pays de l’énergie, pendant la période de grande chaleur de l’été, mais les marchés restent attentifs aux décisions saoudiennes attendues la semaine prochaine concernant les prix de vente qu’elle va décider, applicables le mois de juillet prochain, et à partir de là, ils vont s’assurer de la destination réelle de la production supplémentaire, si une partie d’elle ne va pas alimenter ses clients, surtout en Asie.

Ce qui est sûr, c’est que des pays comme l’Algérie ou l’Arabie Saoudite qui enregistreront des déficits budgétaires importants de l’ordre de 9.2% du PIB et 7.9% (FMI) du PIB respectivement en 2019, ont besoin d’un prix de baril stable à des niveaux supérieurs à 70 dollars le baril comme moyenne, pour faire face à la couverture de leurs dépenses publiques, incompressibles à moyen terme.

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