Diversification des exportations

Deux grandes contraintes à prendre en charge

Par:  Abdelkader Mechdal
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L'émergence de nouvelles capacités de production dans certains domaines industriels, dans un cadre global de vouloir diversifier l'économie nationale, a besoin de valorisation pour franchir l'étape de passer vers l'exportation, et là, on aura à affronter les aléas du métier d'exporter avec toutes ses contraintes, en liaison avec la réglementation et les moyens dont disposent les opérateurs économiques.


par Abdelkader Mechdal Economiste  

L'illustration de cette situation est vérifiée dans le cadre des grands investissements réalisés dans la filière ciment qui a pu doter l'Algérie de capacités nouvelles, qui permettront d'arriver à un excédent productif de 12 millions de tonnes, d'ici l'année prochaine 2020. Cet excédent, qui doit être destiné à l'exportation, rencontre deux grandes contraintes.

La première a une relation directe avec les marchés de destination, et là les opérateurs algériens ont pu trouver des clients en Afrique de l'Ouest essentiellement. Ce marché qui a une consommation limitée, mais qui arrive quand même à enregistrer un niveau de besoins appréciable, puisque la région est classée la troisième en Afrique quant à la consommation du ciment et du clinker, ce qui représente un marché potentiel pour une partie de l'excédent de la filière algérienne.

Mais, les quantités exportées, qui ont atteint les 2 millions de tonnes en 2018, ne peuvent pas constituer une référence pour la prise en charge des excédents cumulés dus aux investissements en capacités, destinées en premier lieu à atteindre l'objectif de l'arrêt de l'importation qui a été à l'origine de surcoûts importants, dans la réalisation pendant presque deux décennies, des grands programmes structurants qui ont été engagés surtout en infrastructures de base, et en logements.

Cette dernière situation est devenue insoutenable avec le rétrécissement des moyens financiers de l'Etat, ce qui a mené à ouvrir la voie à la réalisation des nouvelles cimenteries, avec l'objectif de valoriser aussi les minerais dans un cadre plus global tracé par le ministère de l'Industrie et des Mines. L'année prochaine, et avec l'arrivée de nouvelles quantités sur le marché, et la couverture totale des besoins nationaux estimés à 25 millions de tonnes par an, les producteurs auront certainement à rechercher d'autres débouchés pour leur ciment, mais cette fois-ci chez les plus grands consommateurs, à l'instar des pays européens, mais qui sont difficiles à affranchir vu les normes exigées par ces pays à l'importation.

Ce dernier élément nous mène à la deuxième contrainte majeure, celle liée à la logistique qui fait défaut, puisque l'acheminement du produit exportable exige la maîtrise des coûts, que ça soit en stockage ou en transport. Cette donne n'est pas à la portée des exportateurs, vu que les cimenteries ont une moyenne de distance par rapport aux ports, estimée à 100 km, ce qui exige des moyens conséquents pour faire face aux quantités à destiner à des marchés très exigeants en matière de qualité.

Et puis, il y a lieu de la rentabilisation des opérations d'exportation, ce qui demande des quantités importantes à prendre en charge dans un temps réduit. Cette situation reste juste pour les autres produits à exporter et les autorités publiques n'ont pas d'autres solutions que d'accompagner les opérateurs dans la construction de la compétitivité, si elles veulent concrétiser le sursaut des exportations hors hydrocarbures.  

Dernière modification le lundi, 13 mai 2019 19:02

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