Une chance pour développer les pratiques concurrentielles
14 Mai 2019
Partager

Ouverture de l'importation des véhicules usagés

Une chance pour développer les pratiques concurrentielles

Par: 
Lu 403 fois

La valeur du dinar ne peut en aucun cas supporter des transactions hors du circuit officiel, dans une conjoncture caractérisée par une faiblesse de la monnaie nationale, en relation avec des choix gouvernementaux qui n'ont fait que sombrer la situation financière du pays, alimentant ainsi une perte de valeur sèche sans en tirer de bénéfices pour diversifier l'économie nationale.


Il n'est pas supportable que de prendre une décision aussi importante que d'ouvrir la possibilité d'importation des véhicules par les particuliers sans que les services du gouvernement ne tablent sur une méthode étudiée pour accompagner l'opération en matière de financement. La question qui se pose est : est-ce qu'il sera question comme auparavant, que les importateurs particuliers financeraient leurs achats de véhicules avec leur propre devise, ou bien, ils pourront, dans une certaine mesure, bénéficier d'un financement bancaire.

Si l'opération se financera par les avoirs en devises des particuliers exclusivement, deux problèmes vont se poser aux autorités publiques. Le premier, c'est que le recours au financement de l'importation sera orienté vers des pratiques du marché noir, ce qui ne peut pas être compatible avec la politique de la Banque d'Algérie, qui veut assurer une gestion prudentielle de la valeur du dinar.

Dans cet état de figure, le marché des devises du «Square Port Saïd» à Alger aura  à drainer l'essentiel des opérations de change, ce qui poussera la valeur du dinar à dégringoler arrivant à des niveaux record de faiblesse jamais enregistrés auparavant. Le risque ici est que le marché officiel connaîtra un écart plus important, qui va se creuser davantage, par rapport à la valeur du marché parallèle, avec tous les maux qui vont suivre et qui vont toucher la crédibilité même de l'intervention publique.

Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas dans l'intention des pouvoirs publics d'ouvrir le financement bancaire à ce genre d'opérations, ce qui poserait le deuxième problème aux autorités publiques, revenant ainsi à des pratiques anciennes, qui ont nui à la valeur de la monnaie nationale, et a encouragé des pratiques illicites concernant le dossier des véhicules moins de 3 ans. Et puis dans une organisation économique qui se veut équitable, on ne peut pas comprendre pourquoi ne pas ouvrir le financement par les banques, alors que ça se fait avec les concessionnaires-autos qui, au nom du montage industriel, font dans un commerce purement masqué, avec le bénéfice davantage en dinars pour leur «investissement», ainsi que de financement en devises, qui a coûté à la communauté plus que 3 milliards de dollars US l'année écoulée 2018.

L'intervention publique peut jouer à cette occasion d'ouverture du marché-auto, sur l'incitation à des pratiques concurrentielles, en imposant aux concessionnaires de nouvelles pratiques de calcul des profits et des prix, qui soient plus adaptées aux normes des marchés d'approvisionnement. Mais ce jeu concurrentiel ne pourra être effectif, que si tous les agents, concessionnaires et particuliers, soient pris à un même pied d'égalité par rapport au financement officiel en devises.

Abdelkader Mechdal

Economiste

Dernière modification le mardi, 14 mai 2019 18:58
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

A LIRE AUSSI..

Vers un renforcement du partenariat privilégié

Tunisie-Union européenne

Vers un renforcement du partenariat privilégié

Makhloufi participera au 1500 m

Ligue de diamant/Meeting de Paris

Makhloufi participera au 1500 m

Nouvelle mobilisation estudiantine

Constantine  

Nouvelle mobilisation estudiantine

Le PDG de l’Anam incarcéré

En relation avec l’affaire Ali Haddad

Le PDG de l’Anam incarcéré

Les eaux souterraines, sources d’approvisionnement en eau potable

Les eaux souterraines, sources d’approvisionnement en eau potable

Les eaux souterraines, sources d’approvisionnement en eau potable