L'économie fait face à un jeu paradoxal de chiffres
19 Mai 2019
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Une contre-performance nourrie par l'impression excessive du dinar

L'économie fait face à un jeu paradoxal de chiffres

Par:  Abdelkader Mechdal
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Le jeu de chiffres entre la valeur en dinar et l'autre en dollar, quant à l'évaluation des transactions avec le monde extérieur, nous renseigne de la vérité de la dégringolade de la parité de la monnaie nationale en relation avec les autres monnaies référentielles, ce qui fausse toute lecture de ces mêmes chiffres exprimés en dinar.


Par Abdelkader Mechdal

Economiste      

 

Un vrai paradoxe est en train de se dessiner dans l'interprétation des évolutions enregistrées des paramètres concernant le commerce extérieur de l'Algérie, puisque la lecture des chiffres en dinar ne reflète pas dans le même sens, celle exprimée en dollar américain, ce qui donne une vision claire sur la valeur du dinar, qui a connu un recul par rapport à la valeur des monnaies étrangères, sous les décisions des pouvoirs publics qui ont joué sur l'impression excessive de quantités de la monnaie nationale, sans aucune référence au produit réel de l'économie, ce qui nous pousse vers une situation très familière chez les économistes, analysée dès le moyen âge.

Il s'agit bien de cette évolution de la valeur du commerce extérieur rendue publique, qui démontre une tendance positive quant à l'importation enregistrée le 1er trimestre 2019 en dinar, par rapport à la même période de l'année passée 2018, tandis que pour les mêmes transactions, nous avons une évolution négative de la valeur en dollar. Là, quand les pouvoirs publics veulent parler de la performance de leurs orientations concernant la compression des importations, dans le cadre de la limitation de la sortie en devises, ils peuvent s'appuyer sur l'évolution en dollar, qui est passée de 11.25 milliards de dollars US au premier trimestre 2018 à 11.15 milliards de dollars US à la même période 2019, avec un taux négatif de -0.89%, ce qui représente un recul de dépense en devises de l'ordre de 100 millions de dollars US.

Pour la valeur en dinar, c'est tout à fait le contraire qui se renseigne de l'évolution, puisque la valeur des importations a enregistré 1 323.35 milliards de dinars au premier trimestre 2019 contre 1 283.24 milliards de dinars à la même période de l'année passée 2018, ce qui fait ressortir une évolution positive de presque +3.13%. Et la comparaison entre les deux évolutions ne trouvera  d'explication que dans le volet gestion de la valeur du dinar, qui a pris un coup après que les pouvoirs publics ont décidé d'imprimer des dinars sans contrepartie en production réelle, ce qui nous renvoie à la quantité de la monnaie qui est supérieure au besoin de l'économie en liquidités, alimentant ainsi la dépréciation de la valeur du dinar et par là, l'inflation surtout à l'importation.

Cette situation contre performante, pour une économie qui aspire à attirer les investissements, qu'ils soient nationaux qu'étrangers, aura à pousser les autorités de la nouvelle ère, à corriger un état artificiel dont se retrouve l'économie nationale, ce qui rajoute, et à la difficulté des choix à prendre et à l'urgence de la situation, qui fait que l'économie ne peut pas supporter plus de temps perdu, pour entamer un changement de la vision de sa gestion.

Dernière modification le dimanche, 19 mai 2019 19:09

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