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Les télévisions privées en Algérie ou la face cachée de l’informel

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Ayant été autorisé d’exercer dans un contexte interne et régional particulier, les télévisions privées semblent être un véritable foyer de l’informel.


Il n’est plus un secret que le pouvoir algérien s’est toujours montré méfiant vis-à-vis de l’ouverture du champ audiovisuel pour des considérations purement politiques inhérentes principalement au souci de préserver sa pérennité qui pourrait être mise à mal si des chaînes privées venaient de voir le jour.

Ces craintes creusent dans l’expérience de la presse écrite privée qu’a connue l’Algérie depuis 1990, une époque florissante qui a permis l’apparition d’une avalanche de journaux et de magazines dont certains avaient réellement mis le pouvoir dans la gêne au point de procéder à la fermeture pure et simple de ces organes de presse sans préjudice des poursuites judiciaires contre des journalistes sous des motifs souvent fallacieux .    

Une naissance à la hâte

Le vent de changement, qui a soufflé sur la région arabe en 2011 et ses impacts ayant vu la chute de régimes despotiques en Tunisie, en Egypte et en Libye, a contraint le régime algérien d’aller tous azimuts chercher le remède qui puisse lui faire éviter le sort de ses semblables déchus.

Selon certains témoignages crédibles, le régime, et par peur de voir les révolutions arabes se produire, a dû recourir à certains patrons de presse écrite en leur demandant de créer avec toute la célérité requise, des chaînes de télévision indépendamment du fait qu’elles ne reposent sur aucune assise législative et réglementaire.

Au bout de quelques temps, le champ audiovisuel a connu la naissance de plusieurs chaînes, Ennahar, Echorouk, El Djazaria et j’en passe à la limite que le nombre de chaînes activant a atteint environ 60 chaînes immatriculées à l’étranger en l’occurrence, Londres, Dubaï , Amman et Bahreïn.

En outre, les intentions du régime non clairement affichées étaient de contrecarrer la chaîne satellitaire El Magharibia émettant de Londres et qui dérangeait visiblement les tenants du pouvoir algérien résolument déterminé à fustiger la popularité que la chaîne a commencé de gagner dans les milieux populaires.

La position de ces télévisions vis-à-vis du droit

Objectivement, ces télévisions peuvent se prévaloir du seul fait qu’elle ont eu le mérite de briser la monotonie infligée aux Algériens par la télévision publique et ses sœurs, à travers lesquelles, les Algériens s’ouvrent sur de nouvelles matières informationnelles et de programmes variés grâce auxquels énormément de dossiers ont été ouverts après tant d’années d’opacité.  

Autant dire, ces chaînes procurent un seuil plus ou moins acceptable de service public que même la télévision publique n’arrive pas à offrir pour des motifs liés principalement à la mainmise du gouvernement sur sa ligne éditoriale.    

Face à cette situation, il y a eu la promulgation de la loi 14-04 du 24 février 2014 relative à   l’activité audiovisuelle pour le seul but de réunir un cadre légal à l’effet de juguler cette situation d’anarchie  sans pour autant arriver à mettre réellement de l’ordre au sein de ce panel de chaînes illicites aux yeux de la loi algérienne.

Allant de cette optique, le ministère de la Communication au temps de Hamid Grine, en guise de palliatif, a dû recourir à accréditer cinq chaînes Ennahar, Echorouk, El Djazaria, Dzaïr-TV et El-Heddaf en qualité de bureaux permanents travaillant pour des chaînes de droit étranger, même si ce traitement administratif pose plusieurs questionnements au plan de la faisabilité de la démarche du gouvernement.       

Pour preuve, l’article 7, alinéa 9 de la loi citée ci-dessus parle expressément de chaînes thématiques inversement à ce qu’elles produisent comme programmes d’information et d’émissions de diverses natures.

Du transfert des fonds à l’étranger

Emettant de l’étranger et par satellite, ces chaînes de télévision étant astreintes de procéder à des transferts de devise en vue d’honorer les engagements contractés dans le cadre de la diffusion par satellite et d’autres charges induites par l’acquisition de matériel télévisuel de haute résolution, importé de l’étranger, il paraît également pertinent de savoir les conditions d’autorisation et de dédouanement de ce matériel en tenant compte de son caractère hautement délicat.

Il en ressort qu’une grande opacité plane sur les conditions et modalités de ces transferts sachant que toute opération de transfert de devise est préalablement soumise à autorisation de la Banque centrale, ce qui nous amène inéluctablement à se poser plus d’une question sur les circuits parallèles de ces transferts.

De la position fiscale de ces télévisions

A en croire une déclaration rendue publique d’un haut responsable à l’administration fiscale, ces chaînes de télévision n’ont ni un domicile fiscal en Algérie ni un statut de sociétés offshore qui leur permettent d’avoir un traitement fiscal relevant de ce type de sociétés reconnu légal.

Partant du fait que ces chaînes ne remplissent point le critère de la résidence, du point de vue du droit fiscal pour être imposées en Algérie, il reste à imaginer l’ampleur de l’hémorragie qui découle de cette situation de non-imposition indue.

De la protection sociale du personnel

A l’instar de leurs confrères dans certains organes de presse, le personnel de ces télévisions bénéficient peu de droits liés à la couverture sociale à savoir, les traitements et salaires décents, déclaration à la sécurité sociale et autres susceptibles de préserver la dignité de ces employés.

Eu égard à la lourdeur de ce dossier, le pouvoir algérien ne semble pas pressé de régulariser cette situation du moins anormale car il y va de sa viabilité politique de contrôler strictement  ces canaux contre toute éventuelle velléité de les rendre en un véritable espace de liberté d’expression politique.

En définitive, je me dois d’affirmer que ce papier ne saurait avoir la prétention de cerner l’ensemble des aspects de la réalité de ces télévisions, néanmoins il peut avoir la chance de tenter de lever un tant soit peu le voile sur la face cachée de ces chaînes.

SID  Rabah


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Dernière modification le mercredi, 22 mai 2019 18:05
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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