Le gouvernement recherche des «solutions d’urgence» désespérément
24 Mai 2019
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Déclin des réserves de change

Le gouvernement recherche des «solutions d’urgence» désespérément

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Les pouvoirs publics s’obstinent à présenter le volet importation, de quelques produits de base, comme les produits alimentaires, comme constituant un danger sur les équilibres financiers de l’Etat, tandis que le problème de fond réside dans la difficile couverture de ces importations, par des exportations liées exclusivement aux hydrocarbures, qui ne sont valorisées que grâce au développement de l’élément exogène qui est le prix du marché pétrolier.


Encore une fois, le gouvernement pose la question de la régulation du marché par rapport à quelques produits importés de première nécessité, dans une optique d’urgence, et veut que des mesures soient prises pour limiter le recours à l’importation, dans le souci de soi-disant, préserver des réserves de change en péril. Le mot d’ordre est que la commission gouvernementale regroupant les ministères des Finances, de l’Industrie et du Commerce, qui a été élargie à celui de l’Agriculture, doit présenter une solution applicable aux deux grandes filières stratégiques qui sont les céréales et le lait.

Le choix porté à ces filières est en relation avec plusieurs facteurs. Il s’agit en premier lieu de maîtriser la facture des importations, qui a enregistré pendant l’exercice 2018 un montant global avoisinant les 41 milliards de dollars US. Pour la rubrique «produits alimentaires», le montant a atteint 8.57 milliards de dollars, en augmentation de +1.6% par rapport à l’exercice 2017, ce qui représente environ 21% des importations du pays. En ce qui concerne les deux filières citées, l’observation est qu’elles représentent à elles seules, plus que la moitié des importations alimentaires globales, avec presque 53% de la facture, ce qui pousse apparemment les autorités publiques à vouloir revoir à la baisse les achats des céréales et du lait. Ces derniers englobent une importation de 4.5 milliards de dollars en 2018, tirée essentiellement par les céréales avec 3.1 milliards de dollars US, qui voit sa facture augmenter de +11.55% entre 2017 et 2018, tandis que la facture du lait a légèrement baissé de -0.65%.

Le deuxième facteur de choix pour ces deux produits a une relation avec la subvention publique ouverte à leur consommation, ce qui encourage la demande interne, se répercutant sur la facture de l’importation en la poussant à l’augmentation, ce qui veut dire que la politique publique est à l’origine de la dépendance vis-à-vis des importations alimentaires. Mais ce qui est recherché par le gouvernement est d’essayer de canaliser les subventions au profit de la préservation du pouvoir d’achat, et mettre fin à la fuite que constitue le bénéfice de ces subventions par les transformateurs industriels.

Ainsi, le troisième facteur en découle, puisque les autorités publiques veulent mettre fin à la délivrance de licences aux nouvelles minoteries, en considérant que l’approvisionnement du marché interne doit être rationalisé. Sachant qu’un mouvement de contestation a été observé ces derniers jours, de la part de gérants de minoteries privées quant au mode de leur approvisionnement par les services de l’OAIC, considérant que les quantités qu’ils arrivent à acheter ne permettent pas une meilleure utilisation de leurs capacités de production.

En tout état de cause, la politique de subvention du gouvernement a toujours nourri une consommation excessive génératrice de gaspillage des ressources en devises qui se raréfient, pour se retrouver dans l’état de recherche de nouvelles niches pour économiser la dépense publique dans une action désespérée, d’un gouvernement qui n’aura jamais le temps de faire aboutir sa politique déclarée.   

Abdelkader Mechdal

Economiste     

LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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