Le projet de loi sur les hydrocarbures finalisé

Mohamed Arkab : «La règle 51/49 maintenue»

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En dépit du recul des investissements étrangers, notamment dans le domaine des hydrocarbures, l’Algérie n’est pas prête à abroger la règle 51/49.  Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, est catégorique sur ce point : «Nous ne reviendrons pas sur la règle 51/49».


Par Zahir R.

Indiquant que le partenariat demeure un axe stratégique et privilégié pour augmenter l'effort d'exploration, et par voie de conséquence, d'augmenter les réserves du pays afin d'assurer la sécurité énergétique, M. Arkab a toutefois précisé que les amendements apportés dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont sa mouture est finalisés, permettront d’améliorer les conditions d’investissement aux plans juridique, institutionnel et fiscal. La loi doit, par ailleurs, ajoute-t-il, garantir à Sonatrach de détenir la majorité dans l'amont pétrolier et dans les activités de transformation des hydrocarbures.

Le ministre a, en outre, précisé que l’objectif de l’élaboration d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures est «de restaurer l’attractivité de notre domaine minier, augmenter la production et d’attirer des investissements directs étrangers sans aucunement menacer la souveraineté nationale».

Et d’ajouter : «Nous nous devons effectivement préserver et surtout augmenter les parts de marché de Sonatrach à l’international à travers l’augmentation de la production». Revenant sur les motivations d'élaborer une nouvelle loi sur les hydrocarbures, M. Arkab a évoqué la tendance baissière des réserves du pays malgré le nombre de découvertes réalisées, l'importante croissance de la demande intérieure et pour le gaz et pour les carburants, ainsi que les taux de croissance ayant dépassé 7% annuellement. La nouvelle loi ambitionne aussi de faire face au «ralentissement enregistré dans la conclusion de nouveaux contrats de recherche et d'exploitation dans le cadre du partenariat, ainsi que la tendance baissière des marchés pétroliers au cours des dernières années».

Le ministre a, dans ce sens, rappelé les résultats «modestes» enregistrés lors des derniers appels d'offres lancés par l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), qui avaient poussé les pouvoirs publics à revoir la loi en question.

Questionné par ailleurs, sur l’impact de la crise politique sur les projets en cours dans le domaine énergétique, Mohamed Arkab a affirmé dans un entretien accordé à l’APS, que ces derniers continuent de fonctionner normalement et «aucun désengagement des partenaires de l'Algérie n'a été enregistré». «Nous n'ignorons pas une certaine inquiétude de la part des investisseurs présents en Algérie de par la situation politique, néanmoins, nous pouvons rassurer tout le monde, les données chiffrées sur les investissements dans le secteur des hydrocarbures durant la dernière décennie en témoignent, avec une moyenne annuelle de plus de 12 milliards de dollars», a-t-il fait savoir. En termes de perspectives, globalement sur la période (2019-2023), il est prévu un investissement de «plus de 58 milliards dollars, à l’horizon 2023 pour le développement de l'activité hydrocarbures». Concernant les négociations entamées avec l'Américain ExxonMobil, M. Arkab a confirmé que ce groupe avait effectivement exprimé son intérêt pour investir en Algérie, dans l'amont pétrolier.

«Ce n'est pas le seul grand groupe qui souhaite le faire. Le potentiel des bassins algériens est très important», a-t-il ajouté. Selon lui, le domaine minier de l'Algérie est exploré à 50% et recèle des potentialités très importantes en hydrocarbures, que ce soit dans les hydrocarbures conventionnels ou non conventionnels.

D'ailleurs, les premières évaluations placent l'Algérie en 3e position mondiale en réserves non conventionnelles avec un volume de gaz non conventionnel (gaz de schiste) de l'ordre de 20 000 milliards de mètres cubes. Le nombre de partenaires activant en Algérie dans les activités recherche et exploitation des hydrocarbures s'élève déjà à 26 entreprises issues de 18 pays, a-t-il fait savoir, ajoutant que le nombre de découvertes réalisées en «onshore» par Sonatrach, seule et en association avec des partenaires étrangers, s’élevait à 30 par an en moyenne. En offshore, des travaux de prospection ont été récemment entamés à l'est et l'ouest du pays par Sonatrach en partenariat avec l'Italien ENI et le Français Total, a-t-il rappelé.

Dernière modification le lundi, 27 mai 2019 19:03
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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