L'Algérie reste otage de l'évolution d'un marché pétrolier à risque
12 Jui 2019
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Son économie peine à remplacer les revenus des hydrocarbures

L'Algérie reste otage de l'évolution d'un marché pétrolier à risque

Par:  Abdelkader Mechdal
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L'Algérie n'arrive toujours pas à trouver une solution avec son déficit commercial, et reste otage d'un manque à gagner dans le domaine des exportations qui ne peuvent même pas couvrir les importations, ce qui fait repousser le pays de l'objectif affiché qui est celui d'atteindre une certaine performance, en tablant sur le développement des rentrées hors hydrocarbures, pour se retrouver dans une situation où même les ventes du pétrole et du gaz à l'étranger n'arrivent pas à subvenir aux besoins en importation.


Abdelkader Mechdal  Economiste

Le taux de couverture des importations par les exportations globales du pays, les premiers quatre mois de l'année en cours, est de presque 88% (87.87% exactement), ce qui alimente le déficit commercial qui a atteint 1.84 milliards de dollars US, si on se réfère aux statistiques des services des Douanes algériennes. C'est la conséquence d'une évolution négative des recettes à l'exportation qui ont reculé de 200 millions de dollars US, en comparaison avec la même période de l'année d'avant 2018, et ce, malgré la diminution de la valeur des importations de 180 millions de dollars US pour la même période de référence.

Pour la structure des résultats obtenus, il y a lieu de remarquer que le pays reste aussi otage de l'évolution du marché mondial des hydrocarbures, puisque l'élément externe, qui est le prix du pétrole, a permis une rentrée de l'ordre de 12.47 milliards de dollars en diminution de 80 millions de dollars US par rapport à 2018. Mais, reste que la valeur des ventes en hydrocarbures a sauvé la face quand même en assurant une couverture presque totale de la facture de l'importation, tant que les exportations hors hydrocarbures restent négligeables, avec une contribution d'à peine de 6.4% des rentrées globales, avec un volume ne dépassant pas les 850 millions de dollars. Là, en termes annuels, et si on retient le même niveau de performance, les exportations hors hydrocarbures ne dépasseraient pas les 2.4 milliards de dollars US de l'année en cours 2019.

Cette situation reste insoutenable, tant que la valorisation des exportations de l'Algérie passe obligatoirement par la performance du marché mondial du pétrole. Or, ce dernier affiche une évolution inquiétante, et les plus grands exportateurs voient que des risques sont en train de planer sur le cours du brut, estimés à un haut niveau, à cause de la surproduction qui pourra avoir lieu, ce qui diminuerait le prix du baril à moins de 40 dollars US, ce qui constituerait un réel danger sur les équilibres financiers surtout dans les pays à situation fragile, comme l'Algérie.

Et avec tout le travail fait actuellement qui vise la réduction des importations, en exploitant de nouvelles niches d'amputation, l'économie du pays reste dans l'incapacité de trouver des alternatives au mode de financement actuel basé sur les ventes en hydrocarbures, et tout changement salutaire ne pourra être opéré qu'en engageant des réformes structurelles, visant une diversification des exportations, chose qui ne peut être réalisée que dans le long terme.

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