Transition énergétique

L’échec d’une politique mal pensée

Par:  Réda Hadi
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La transition énergétique en Algérie va mal. La cause principale de cet échec est le résultat d’une politique engagée mais mal pensée, et ce, d’autant plus que chacun y va de son avis. Il n’y a jamais eu de courant clair, et le concept de transition énergétique a été trop galvaudé au fil des intérêts immédiats et des cours du baril de pétrole. La transition énergétique existe pourtant depuis fort longtemps dans notre pays, puisque nous avions commencé à le faire, dès la fin des années 70 avec la création d’un Commissariat aux énergies nouvelles. En fait, nous ne travaillons pas dans la durée, et comme nous ne suivons que les autres, quand les cours du pétrole ont commencé à reprendre des couleurs, les énergies nouvelles sont passées à la trappe. On en reparle maintenant après la chute brutale qu’a connue le pétrole depuis 2014. Et on est prêt à oublier nos bonnes dispositions si le pétrole poursuit sa lancée vers les 70-80 dollars.


Par Réda Hadi  

La transition énergétique est sans aucun doute un des plus grands défis de notre temps et nous ne pourrons l’atteindre que collectivement.

Il faut d’abord définir, et savoir où nous allons «tous ensemble» car une stratégie décidée en haut lieu n’a aucune chance de réussir si elle n’est pas mobilisée par les citoyens lambda qui eux, seront les architectes de sa réussite ou de son échec. Pour convaincre le citoyen de divorcer de la mentalité du beylik, il est nécessaire de l’amener sur le terrain du «bien commun», le responsabiliser et le rendre important, qu’il ait la conviction qu’il compte, et que la réussite dépend de lui. Il sera nécessaire d’informer le citoyen sans condescendance, lui faire toucher la réalité de la situation qui sera de plus en plus difficile notamment pour nos enfants si nous leur laissons une Algérie stérile, ouverte à tout vent. Notre pétrole est une richesse. Nous devons en faire le meilleur usage, c’est-à-dire son utilisation en pétrochimie. Le gaz de schiste le sera également quand la technologie sera mature et respectueuse de l’environnement.

Entre temps et sans une mobilisation citoyenne, et avec une politique de transition énergétique  fluctuante, l’énergie durable peinera. Avant tout, il faut réduire le gaspillage devenu «un sport national». Il nous faut consommer moins en consommant mieux. A titre d’exemple, si nous avons une politique des économies d’énergie, l’électroménager importé ou fabriqué en Algérie doit être de classe A. Ce qui n’est pas encore le cas.

De plus, la transition énergétique subit les contre-courants des pensées dites «écologiques» qui sont souvent en dissonance entre elles.

Si beaucoup pensent que cette fameuse transition est dans l’impasse, pour Toufik Hasni, le consultant en transition énergétique, l’absence de cohérence a compromis les projets de production d’énergie solaire. L’Algérie dispose d’un potentiel solaire thermique au Sahara, qui équivaut à 10 fois la consommation globale mondiale. Avec ce potentiel, notre pays a se qui éclaire la planète durant des décennies. Et pourtant nous peinons à sortir du tout fossiles. Encore une incohérence.

L’échec le plus retentissant de cette politique est la production de la centrale solaire qui initialement était prévue à 22 000 mégawatts, et qui, en raison de responsabilités restant encore à situer, a été successivement réduite à 4 000, puis à 150 mégawatts.

Un échec, selon cet expert, dû au fait que les personnes chargées de piloter la construction de structures de production d’énergie solaire n’ont pas eu une vision intégrée pour ce qui a trait à l’acheminement de l’électricité produite vers les lieux de son utilisation, situés dans les régions Nord de l'Algérie.

L'origine des erreurs commises, selon M Hasni, cela serait dû à l’absence d’une stratégie mûrement réfléchie dans le domaine pour aboutir à un mix énergétique, or, selon lui, il existe un «Lobby» qui cherche à accorder la primeur aux énergies fossiles. Il en veut pour preuve la position de la Sonelgaz qui, selon lui, maintient une production d’électricité de 2,000 mégawatts/an, tirée de l'exploitation de gaz, «pour respecter son contrat avec son fournisseur de turbines».

Comment réussir une  politique, alors que des entreprises étatiques freinent des deux pieds, une politique décidée au plus haut niveau de l’Etat.

«Les Algériens sont capables de faire le saut qualitatif pour pouvoir réussir cette transition énergétique. Après l’école, au lycée, il est nécessaire de penser à un baccalauréat du développement humain durable qui pourra déboucher sur les métiers du développement durable dans le supérieur et dans la formation professionnelle. Des états généraux permettront d’expliciter les enjeux du futur et l’adhésion des citoyens est capitale. Ce sont eux qui auront à vivre et à faire des économies. «Il faut beaucoup de pédagogie, il faut aussi que les médias parlent de ça, il faut que les députés soient instruits de cela, et ceci sans provocation, leur expliquer le développement durable. Ils doivent connaître les enjeux du pays» dixit Chems Eddine Chitour.

Dernière modification le dimanche, 16 juin 2019 21:28

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