Quelles alternatives pour l’Algérie?
24 Jui 2019
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Après avoir renoncé à la planche à billets

Quelles alternatives pour l’Algérie?

Par:  Zahir R.
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L’Algérie a décidé de renoncer au financement non conventionnel et de se retourner à l’ajustement budgétaire. L’annonce a été faite dimanche dernier par le porte-parole du gouvernement, Hassane Rabhi. Celui-ci a, en effet, déclaré à la presse que l’ère de la planche à billets engagée fin 2017 était «révolue». 


Par Zahir R.

Une décision salutaire au point de vue économique, du fait qu’elle évite à l’Algérie, une inflation à deux chiffres, néanmoins plusieurs questions méritent d’être posées : quelles sont les alternatives pour poursuivre et parachever les projets d’infrastructures de base et de logements notamment ? Est-ce que l’Algérie se dirige directement vers l’austérité ? Allons-nous vers l’endettement extérieur ?  Selon les chiffres officiels de la Banque d’Algérie et des institutions monétaires internationales, les réserves de change de notre pays s’érodent plus rapidement que prévu. D’ailleurs, elles n’assurent que trois ans des besoins importés de l’étranger. Alors qu’elles étaient de 82,12 milliards de dollars en novembre dernier, ces réserves de change ont chuté à 79,80 milliards de dollars en janvier 2019, soit une baisse de 4,32 milliards en l’espace de deux mois. En l’espace d’une année, la perte est de près de 17 milliards de dollars entre décembre 2017 et décembre 2018. Une chute qui va se poursuivre durant l’année en cours, puisque la loi de finances prévoit un niveau de 62 milliards de dollars en 2019, puis 47,8 milliards en 2020 et 33,8 milliards en 2021. La balance des paiements passerait, quant à elle, de 17,2 milliards de dollars en 2019, à 14,2 milliards de dollars en 2020 et enfin à 14 milliards de dollars en 2021. 

Avec ces indicateurs économiques, et devant l’instabilité de prix de pétrole, le gouvernement aura du pain sur la planche. Il serait dans l’obligation d’engager des réformes structurelles, dont ses retombées seront néfastes sur les citoyens. Dans ce cadre, l’économiste Ferhat Aït Ali, a plaidé d’abord pour l’organisation d’une élection présidentielle dans les brefs délais, afin de permettre au président élu de désigner un gouvernement légitime pour affronter cette situation qualifiée de grave. Il a, en effet, précisé que « la prochaine équipe n’aura pas devant elle 77 solutions». Soit on va assister à des coupures budgétaires, s’endetter des banques commerciales locales, mais cette option sera, indique-t-il, confrontée à un taux d’intérêt élevé. Il y a également l’emprunt obligataire, autrement dit, s’endetter auprès des citoyens, toutefois la situation actuelle ne le permet pas, explique-t-il, du fait que le peuple a perdu confiance auprès des responsables actuels. 

À ces trois pistes, s’ajoutent la solution de l’endettement extérieur et enfin la dernière solution qui est la dévaluation de la valeur du dinar devant le dollar (1 dollar = 60 DA). Cette option évitera le déficit budgétaire, mais engendrera une inflation record, ce qui impactera négativement sur le pouvoir d’achat des Algériens».  Pour sa part, l’économiste Hamidouche M’hamed a plaidé pour l’émission de bons de Trésor de deux ans par la Banque centrale et si le gouvernement souhaite un financement de plus de deux ans, la Banque d’Algérie émettra des bons de Trésor au niveau de la bourse d’Algérie.

Questionné par ailleurs sur le montant mobilisé grâce à la planche à billets, l’expert international a indiqué que le problème n’est pas dans le montant, mais dans son utilisation.

Rendu possible grâce à un amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, autorisant le Trésor public de s'endetter directement de la Banque d'Algérie (BA), le financement non conventionnel, rappelle-t-on, était programmé pour une période transitoire de cinq ans, qui devait voir «la concrétisation de réformes structurelles importantes».

Entre la mi-novembre 2017 et la fin janvier 2019, sur quelque 6 556,2 milliards de DA mobilisés par le Trésor auprès de la BA au titre du financement non conventionnel, 3 114,4 mds de DA seulement, soit près de la moitié, ont été injectés dans l'économie, selon la note de la BA.

Dernière modification le lundi, 24 juin 2019 21:31

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