Les pouvoirs publics se démarquent des décisions d'avant le «Hirak»
24 Jui 2019
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Mesures économiques d'apaisement prises par le gouvernement

Les pouvoirs publics se démarquent des décisions d'avant le «Hirak»

Par:  Abdelkader Mechdal
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Deux procédures importantes viennent d'être prises, qui constituent un pas d'apaisement sur la scène économique. La première concernant la déclaration solennelle du gouvernement de l'arrêt du recours à la planche à billets pour financer l'économie, et l'autre est en relation avec la création d'une commission interministérielle de suivi des activités économiques dans le but de préserver et l'outil matériel et les postes d'emploi dans les entreprises économiques sous les mesures conservatoires.

Les pouvoirs publics écourtent ainsi la période de recours au financement non conventionnel, prévu au début pour 5 ans, dès 2017 après que le fonds de régulation des recettes a été épuisé. Mais, ces mêmes pouvoirs ont dépassé leurs prérogatives en recourant à une création monétaire massive, ayant comme résultat d'inonder la place financière par des surliquidités nuisant aux équilibres en relation avec la valeur de la monnaie nationale, et en créant les conditions qui vont nourrir l'inflation. 

Ces résultats néfastes ont poussé les autorités monétaires avec le changement politique qui s'exerce, à revoir la copie, et faire en sorte de se démarquer des décisions de l'exécutif, en considérant que la planche à billets est une mauvaise démarche pour l'économie, et a mis en exergue des mesures monétaires pour l'absorption d'une partie de liquidités du marché, et d'abandonner le plan de financement par la création monétaire.   

D'une autre part, la composante de la commission interministérielle, pour la sauvegarde des activités économiques, prend en charge les entreprises en difficulté, en incluant plusieurs départements mais aussi la Banque d'Algérie, ce qui donnerait une meilleure visibilité quant à l'aspect financier et des transferts d'argent, en relation avec l'activité des entreprises concernées à l'international. Là, il est clair que les pouvoirs publics veulent coûte que coûte, épargner aux entreprises en difficultés juridiques en relation avec les agissements de leurs responsables et détenteurs, leur mise en faillite, comme c'était le cas pour le groupe El Khalifa, qui a eu comme résultat de brader un outil économique si important, et mis des milliers d'employés au chômage.

Mais, le problème dans la nouvelle situation c'est que le nombre d'entreprises en difficultés s'est multiplié, et les dégâts en matière de perte d'emplois et d'outil de production sera énorme, et personne ne pourra assumer une décision de mise en faillite généralisée, vu l'ampleur de ses répercussions socioéconomiques, dans un pays en mal de diversification de ses capacités productives et de création de postes d'emploi. Ici, on n'invente rien quand on s'attarde avec les résultats en matière de l'absorption du chômage, sachant que le taux à deux chiffres, qui y persiste, démontre de l'inefficacité des politiques publiques en la matière, ce qui pousse à des interventions moins brutales de la part des pouvoirs publics, dans ces situations de crise institutionnelle.

Abdelkader Mechdal

Economiste                 

Dernière modification le lundi, 24 juin 2019 22:17

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