Le vide juridique et le manque de spécialisation incriminés
25 Jui 2019
Partager

Propagation des pratiques de fraude

Le vide juridique et le manque de spécialisation incriminés

Par:  Abdelkader Mechdal
Lu 292 fois

Faire face aux pratiques du marché parallèle est une condition majeure pour revenir aux règles universelles de la concurrence, et poser ainsi en application des politiques publiques permettant le développement de la sphère officielle, chose qui aura comme conséquence de minimiser les risques  et inciter les opérateurs à l'investissement, et delà, booster la croissance et la création d'emploi.


Il est clair que le niveau de la croissance si faible dans une économie à forte demande de consommation comme celle de l'Algérie, et qui régresse d'année en année à des taux la rapprochant de la stagnation, est dû en quelque sorte à la réticence des investisseurs quant à la prise de risque, dans un environnement règlementaire peu protecteur, puisque les intervenants sur le marché ne sont pas tous soumis aux mêmes règles, tant qu'un marché parallèle trouve toujours les moyens de contourner les lois et réaliser des chiffres d'affaires en progression, ce qui joue dans la dissuasion vis-à- vis des opérateurs potentiellement intéressants pour une économie qui aspire à une diversification réelle à moyen terme.

Dans cet ordre d'idées, la contrefaçon et la fraude ont alimenté les pratiques commerciales de sorte à pérenniser l'activité sur les marchés parallèles, profitant de la faiblesse du pouvoir d'achat d'une frange importante des consommateurs, ce qui a incité au développement du nombre d'intervenants en recherche d'activités à moins de risque, et la réalisation de profits à très court terme, en s'accaparant des marques d'autrui, ce qui constitue une faiblesse règlementaire du marché algérien, faisant évader les investisseurs qu'ils soient nationaux au étrangers. L'absence d'un dispositif de contrôle en relation avec la contrefaçon et la fraude, d'une part, et la méconnaissance de la part des détenteurs de marques déposées de leurs droits quant à la propriété intellectuelle, d’autre part,  ne font en fin de compte qu'accentuer les pratiques frauduleuses sur le marché national.

Cette constatation pousse en vérité, les pouvoirs publics à cerner ce problème pour mieux y faire face, surtout que la pratique de prix bas et le jeu sur la vente en quantités, laissent peu de chance pour revenir à des pratiques concurrentielles saines. Et selon le ministère du Commerce qui vient de collaborer avec le World Trade Center Algiers (WTCA) pour l'organisation d'un colloque international consacré au problème de la contrefaçon, en parallèle avec la fin de la 52e foire internationale d'Alger, la solution est dans la proposition d'une seule loi-cadre regroupant l'ensemble des dispositions éparpillées actuellement, pour mieux faire face à ces pratiques, en association avec les professionnels activant sur le marché.

Le vide juridique, et le manque de spécialisation des agents des services combattant la contrefaçon, poussent ainsi à rechercher des solutions plus introduites dans ce domaine, pour mettre en œuvre une réelle volonté d'assainissement de la sphère commerciale, et sans ce travail et la rigueur de sa mise en application, le marché national resterait une proie facile aux intrus du commerce frauduleux et des pratiques du dumping, qui nuisent à la reprise de l'économie algérienne.

Abdelkader Mechdal

Economiste

Dernière modification le mardi, 25 juin 2019 22:10

A LIRE AUSSI..

La Chine alimente l’essentiel du déficit commercial de l’Algérie

L’effet attendu de la compression des importations anéanti par la faiblesse des exportations

La Chine alimente l’essentiel du déficit commercial de l’Algérie

La  FAO accompagnera financièrement l’Algérie

Stratégie nationale de la mécanisation 

La FAO accompagnera financièrement l’Algérie