L'Algérie dans l'obligation de définir son nouveau modèle économique
26 Jui 2019
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En perspective d'épuisement des réserves de change en 2021

L'Algérie dans l'obligation de définir son nouveau modèle économique

Par:  Abdelkader Mechdal
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En tout état de cause, l'Algérie aura à se débrouiller pour régler ses factures à l'international, une fois que les réserves de change seront complètement épuisées, c'est à dire dans un an et demi. Donc, à l'horizon 2021, le pays doit avoir fait ses choix pour faire face aux besoins de sa population, et cette année là sera atteinte en un clin d'œil, pour dire l'urgence à se fixer quant à la politique économique à mettre en œuvre.

Pas d'autres solutions que de proposer des solutions concrètes et réalisables, pour le modèle économique à suivre, dans un premier objectif qui est celui d'assurer un financement des opérations de l'Etat au-delà de l'utilisation des réserves de change en survie temporaire. Cet état de fait devrait pousser à trancher quant à la solution à préconiser, et demande en premier lieu de sortir de la situation d'attente politique actuelle, qu'il faudra dépasser pour permettre à une nouvelle classe dirigeante de proposer une feuille de route, qui prendra en charge non seulement de faire face aux besoins en financement, mais surtout de gérer le temps, qui ne joue pas actuellement en faveur du pays, sinon on verra un retour à la case départ des années 1990, c'est à dire le recours à l'endettement extérieur.

Pour ce dernier élément, il ne peut pas constituer en soi un danger potentiel pour le pays, si une politique économique bien pensée vient d'être proposée.  Cette politique ne peut en aucun cas sortir de la logique d'ouverture du marché, dans un contexte de protection de la concurrence, le moyen le plus sûr qui pourrait emmener les opérateurs économiques les plus hésitants à revenir à l'investissement, sous la coupe de garanties à consentir de la part des instances de l'Etat, en la faveur d'instaurer un climat serein, permettant au pays de retrouver le chemin de la croissance.

Il y a lieu, dans ce sens, de revenir sur les anciens choix publics qui ont puisé exclusivement dans cette démarche risquée qui est de tirer la croissance par la dépense publique. Une démarche qui a démontré ses limites, dans le sens où en temps d'aisance financière pendant une décennie entière allant de 2004 à 2014, la meilleure performance en termes de croissance, a été faible sauf exception comme ça a été le cas en 2005 quand le taux a atteint 5.91% mais qui s'est vu dégringoler à 1.68% juste l'année d'après 2006, pour garder une tendance faible depuis, et enregistrer des situations proches de la stagnation, pour un pays en besoin pressant de libérer ses potentialités, et passer à une croissance à deux chiffres, seul signe d'apaisement réel dans la sphère des affaires dans le pays. 

Ainsi, la dépense publique n'a joué en fait que le jeu d'un pompier, qui a permis une certaine stabilité sociale, mais avec un fonds de gaspillage énorme des ressources, qui a accompagné un mode de gouvernance publique privilégiant la distribution de la rente pétrolière sous plusieurs formes, dont des transferts sociaux qui ont frôlé les 30 milliards de dollars par an, dès l'année 2011, sous l'effet du mouvement de soulèvement qu'ont connu des pays de la région. 

Dans cet état de fait, le retour au marché, avec une intervention étudiée de l'Etat, favorisant la création de la richesse par les entreprises, est le seul remède valable pour l'économie nationale. Cette intervention doit s'appuyer sur des institutions fortes et accompagnatrices de tout projet de même à permettre la modernisation et l'innovation comme réponse à une concurrence régionale et internationale, donnant la possibilité de la diversification réelle des revenus.

Abdelkader Mechdal

Economiste

Dernière modification le mercredi, 26 juin 2019 22:54

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