Nouvel appel au dialogue de Bensalah

«L'Etat ne sera pas partie prenante»

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Le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, a lancé, hier à Alger, un nouvel appel pour «un dialogue national inclusif» sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l'Etat, y compris l'institution militaire, ne sera «pas partie prenante à ce dialogue». Cette sortie de M. Bensalah coïncide avec l’initiative lancée par une partie de l’opposition pour la tenue d’une conférence nationale prévue le 6 juillet prochain.


Ainsi, dans un discours à la nation, le chef de l'Etat a appelé les acteurs politiques nationaux, l'ensemble des composantes de la classe politique, les personnalités patriotiques nationales, les mouvances qui structurent la société civile et tous ceux qui sont considérés comme exprimant les sentiments d’une frange de la population, ou de ses élites, notamment les jeunes et les femmes à «s’engager dans le processus de dialogue national inclusif que l'État entend lancer dès à présent».

M Bensalah les a invités, ainsi, à participer à ce dialogue destiné à «débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle» afin qu'ils apportent «leur contribution à l'organisation du scrutin dans un climat d'entente et de sérénité».

Jugeant ce dialogue «plus que nécessaire», le chef de l'Etat a estimé qu'il constitue également «la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l'ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle». «Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe», a-t-il soutenu.

M Bensalah a invité, à ce titre, toutes les parties à «mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes», soulignant que celles-ci «sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entraîner notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité».

Détaillant sa nouvelle offre politique, le chef de l'Etat a affirmé que le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, «sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale».

Il s'est engagé, à cet égard, à ce que «l’État dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus». L'Etat, a-t-il poursuivi, «se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement»

 

Nécessité d'adopter une loi spécifique

M Bensalah a assuré, à ce propos, que «les participants au dialogue auront la liberté de discuter et de débattre des conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin et aborder l’ensemble des aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, y compris le déroulement du calendrier électoral, ainsi que les mécanismes de son contrôle et de sa supervision».

Il a insisté, dans ce contexte, sur le fait que le dialogue «devra nécessairement se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection», qui «devrait se tenir à une date la plus rapprochée possible» et se dérouler «dans le cadre de la Constitution qui impose la préservation de l’État, respect des Institutions et la prévalence de l’intérêt supérieur de la nation».

Le dialogue devrait, en outre, axer ses discussions sur «l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place» et qui «aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes». «Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger», a-t-il détaillé.

Pour le chef de l'Etat, cette entité, qui va se substituer à l'administration publique «sera appelée à intervenir sur tout le territoire national et aura, en conséquence, des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger».

Une loi spécifique devrait être adoptée pour permettre la mise en place de cet organe, a affirmé M. Bensalah qui a souligné, en outre, la nécessité d'adapter, en conséquence, le dispositif législatif et règlementaire, notamment la loi électorale. Il a relevé ainsi la nécessité de réviser cette loi pour «y introduire toutes les garanties, à même de faire en sorte que ce scrutin puisse répondre à toutes les exigences d’impartialité, de régularité et de transparence». «Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition», a-t-il ajouté.

Pour le chef de l'Etat, l'élection présidentielle «reste la seule solution démocratique viable et raisonnable» pour transcender les écueils de cette étape cruciale de l'Histoire de l'Algérie».

Dernière modification le mercredi, 03 juillet 2019 21:37
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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