L’ouverture de la distribution à la concurrence toujours abandonnée
06 Juil 2019
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Des gains en devises attendus de la normalisation des carburants

L’ouverture de la distribution à la concurrence toujours abandonnée

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Le fait d’insister sur l’importance de l’arrêt de l’importation des carburants, et faire des déclarations en termes absolus pour ce qui est de «la bonne» couverture des besoins du marché interne, est en train de masquer une autre réalité qui est celle de développer des produits nationaux de qualité répondant aux normes internationales, chose qui n’est pas vérifiée sur le terrain, exposant le matériel roulant à des préjudices qui coûtent cher en devise, les frais d’importation de la pièce de rechange.


Par Abdelkader Mechdal Economiste   

L’importation des carburants a vraiment coûté cher à l’Etat, et ce, en ayant subi un double effet. Le premier concerne la consommation interne qui augmente d’année en année, avec des pics liés à l’importation des véhicules et l’extension que connaît le parc national du matériel roulant. Cette consommation, traduite en demande interne annuelle de l’ordre de 15 millions de tonnes, n’est satisfaite qu’en recourant à l’importation d’une partie des besoins de l’étranger, équivalent à 4.5 millions de tonnes pour l’année 2017. Le deuxième effet est en relation avec l’évolution du marché international, et plus le prix du brut augmente, le prix des carburants suit la tendance, ce qui constitue une source supplémentaire de sortie des devises. 

Dans les faits, on a dû remarquer que l’augmentation des capacités de production nationale en 2017 a permis la réduction des quantités importées de quelque 100 000 tonnes par rapport à 2016, mais la valeur de l’importation des carburants a augmenté en revanche de 1.34 milliard de dollars US à 1.58 milliard de dollars US, et en cause l’augmentation qu’a connue le prix du pétrole. Donc, pour l’Algérie, une partie de la valeur gagnée sur le prix du pétrole brut, elle l’utilise pour la couverture des dépenses supplémentaires dues à l’importation des dérivés.

Donc, le fait de recourir à la production nationale permet de fermer une brèche, et faire des économies en termes absolus, mais dans la réalité, les pertes, qui sont liées à l’utilisation d’un mauvais carburant, ou carburant non adapté par les utilisateurs du parc roulant, font que les dégâts se répercutent aussi sur les moyens en devises qui connaissent déjà une rareté, ce qui pose la question des procédés utilisés dans la production nationale des carburants. 

Dans ce cas de figure, les autorités publiques ont eu recours à la production à l’étranger des carburants, à partir de l’utilisation du brut algérien, dans le cadre du projet en Italie et en perspective un autre en Turquie. Et là, la production qui en sort doit être conforme à la norme européenne, mais sans sentir son bienfait en Algérie, tant que le carburant vendu à la pompe n’est pas varié pour qu’il soit adapté à la spécificité technique des véhicules. 

Une autre solution avancée par les autorités, qui est d’ouvrir le domaine de la production de la pétrochimie au privé, semble en elle-même être destinée pour relever le niveau de la production, et acheminer des quantités supplémentaires à l’exportation, dans un but de diversification. Tandis que l’option d’ouverture de la distribution des carburants et dérivés du pétrole, aux sociétés mondialement connues, qui pourrait instaurer une concurrence bénéficiant au consommateur, semble être toujours abandonnée, faisant perdre à l’Algérie l’opportunité de faire des gains en devises en relation avec l’utilisation des carburants normalisés selon le type de véhicules constituant le parc roulant dans le pays.

LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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