Le sort des travailleurs, un devoir de l’Etat
07 Juil 2019
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Chefs d'entreprise incarcérés

Le sort des travailleurs, un devoir de l’Etat

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L’arrestation de patrons d’entreprise a vite semé le doute dans l’esprit des travailleurs. Quel sort leur sera-t-il réservé ? L’épisode du pool media d’Ali Haddad est toujours vivace. Quelle que soit la solution adoptée, elle devra répondre obligatoirement à apaiser les tensions. La peur des travailleurs est justifiée quand on sait le mode de gestion de nos entreprises privées. Celles-ci, qui sont déjà de type familial, sont managées avec un seul centre de commandement qui est celui du propriétaire.


Par Réda Hadi 

Avec un seul centre de commandement, donc monocéphale, l’arrestation du principal décideur a ébranlé le moral des travailleurs qui se sont posé des questions sur leur avenir et leur devenir. Beaucoup d’entre eux ont fait appel à l’intervention de l’Etat pour la sauvegarde de leur emploi.

Faisant suite aux inquiétudes soulevées, un haut responsable du ministère de l'Industrie des Mines a affirmé que l’«Etat n'abandonnera pas les entreprises se trouvant en difficulté suite à l'incarcération de leurs propriétaires pour des affaires notamment de corruption».

L'Etat a mis en place un dispositif de sauvegarde de l'outil de production nationale avec un Comité ad-hoc, présidé par le ministre des Finances. A travers ce dispositif, toutes ces situations seront prises en charge», a expliqué le directeur général du développement industriel et technologique, Mustapha Hamoudi, dans un entretien à l'APS. «L'Etat n'abandonnera aucune entreprise et c'est l'objectif du dispositif mis en place», a-t-il soutenu.

L’engagement de l’Etat pour la sauvegarde de ces entreprises n’a pas trop calmé les inquiétudes. En effet, nous nous sommes rapprochés des travailleurs de l’ETRHB de Ali Haddad pour qui ce ne sont que des effets d’annonce. Pour eux, comment un Etat qui a laissé prospérer des entreprises par la malversation et le non-paiement des salaires, peut-il à nouveau les sauver ?

Les avis restent mitigés, car pour d’autres, l’Etat représente le seul et le dernier espoir pour eux.

En ce sens, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Slimane Brahimi, avait affirmé, lundi dernier, lors d'une journée d'étude sur la «Lutte contre la corruption et la protection de l'économie nationale», que ce combat s'appuyait sur «l'application rigoureuse de la loi et la garantie de poursuites et de jugements en se conformant aux exigences d'un procès équitable, parallèlement à l'activation de toutes les procédures et le renforcement des mécanismes compatibles avec l'application de la loi et la préservation des entreprises économiques».

Selon des sources concordantes, l’engagement de l’Etat se fera pour n’importe quelle entreprise, que ce soit celles de l'industrie automobile ou pour d'autres activités industrielles et économiques, il n'y a aucune différence.

Certains économistes émettent des doutes, affirmant que ces entreprises ont vu leurs comptes bloqués à des fins d’enquête.  

Des observateurs affirment aussi, qu’on est peut-être loin d’imaginer les dégâts que peut produire la situation économique et politique sur le plan social mais aussi sur l’investissement et le partenariat. Aux dizaines de milliers d’emplois perdus déjà dans le bâtiment et les travaux publics, s’ajouteront à coup sûr les travailleurs de ces entreprises.

Les jours à venir seront déterminants pour que s’affirment les velléités de l’Etat à sauvegarder ces emplois.

Si l’Etat a donc voulu rassurer les travailleurs, il n’en demeure pas moins qu’il ne dit aucun mot sur sa façon de procéder. Il semblerait, selon des informations non vérifiées, que les pouvoirs publics étudient la possibilité d’une nationalisation partielle. De plus, des contacts assidus avec le FCE sont entrepris pour amener cette Organisation patronale à s’engager et s’impliquer davantage dans le processus engagé par l’Etat. La nationalisation totale a été écartée, car elle serait en porte-à-faux, avec le libéralisme prôné par les pouvoirs publics, et ce, d’autant plus que cela nécessiterait des sommes astronomiques que le Trésor public ne dispose pas.

Dernière modification le dimanche, 07 juillet 2019 20:38
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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