Elle n'a même pas la capacité d'évoluer dans son marché interne

L'industrie nationale face à des flagrantes faiblesses concurrentielles

Par:  Abdelkader Mechdal
Lu 153 fois

Le marché algérien persiste à être difficile pour la production nationale, et ce, en termes d'approvisionnement de l'industrie nationale, en matière première en particulier et en disponibilité des facteurs de production en général, ce qui limite toute tendance à se renforcer davantage et à son expansion, qui aurait joué en faveur d'une relance d'un secteur resté en situation de parent pauvre des constituants de l'économie nationale.


Le premier élément donc de faiblesse est en relation directe avec l'achat de la matière première, puisque les entreprises industrielles des deux secteurs juridiques, public et privé, trouvent des difficultés pour s'approvisionner de ce dont elles ont besoin, pour pérenniser l'activité de fabrication. Et selon une enquête menée par l'Office national des statistiques auprès des patrons, la demande des intrants n'est pas satisfaite complètement, tant que l'offre est inférieure à la demande et la répercussion se fait sentir au niveau des stocks industriels, qui se voient en recul créant une situation de faiblesse par rapport à la satisfaction de la demande sur leurs produits fabriqués.

L'enquête, touchant le premier trimestre de l'année en cours, démontre que l'environnement de l'entreprise industrielle reste lourd ne permettant pas de se développer sainement. Et pour cause, un exemple qui est lié à l'approvisionnement des usines en énergie, puisque pendant toute la période, il y a eu un enregistrement de coupure de courant électrique allant des fois à presque une quinzaine de jours, ce qui fait perdre à ces entreprises des parts de marchés certaines, même si les opérateurs travaillent généralement dans ces conditions identiques. 

Mais il n'y a pas que ça, puisque les entreprises font face aussi à une situation paradoxale, ou elles éprouvent des besoins réels à recruter des effectifs d'encadrement et de maîtrise, toutefois, elles rencontrent de vrais problèmes à trouver les compétences dont elles ont besoin, et ce, à cause de la sous formation des effectifs existants sur le marché, ce qui les pousse à maintenir le même niveau d'effectifs, faisant perdre à l'économie une certaine absorption du chômage, des milieux des diplômés. D'ailleurs, et dans le même ordre d'idées, les entreprises trouvent que d'autres faiblesses freinent tout effort d'augmentation des capacités de production, et ce, en raison avec l'utilisation excessive des machines, elles-mêmes en connaissent un état de vétusté alarmante, ce qui veut dire que ces entreprises sont dans l'incapacité technique de faire relever leurs niveaux de production, et ainsi faire face à la demande sur le marché. 

En tous les cas, la meilleure utilisation des capacités de production constatée, pendant la période de l'enquête, ne dépassant pas les 75% des capacités réelles, ce qui mène à constater le problème structurel dans lequel évoluent les entreprises industrielles, et si on rajoute les difficultés quant au recouvrement des créances et le poids des charges, les opérateurs auront rassemblé tous les éléments qui feront en sorte de freiner leurs ambitions d'expansion dans le marché national. Cette situation insoutenable est due au peu de moyens dont disposent les opérateurs algériens à faire face à la concurrence internationale, en perspective d'ouverture du marché national.

Abdelkader Mechdal

Economiste      

 

Dernière modification le lundi, 08 juillet 2019 22:03

A LIRE AUSSI..

La partie émergée de l’iceberg de l’informel

Marchandises non facturées

La partie émergée de l’iceberg de l’informel

Manifestation des chômeurs à Batna

Réitérant leurs revendications d’emploi

Manifestation des chômeurs à Batna

Noureddine Bedoui met l’accent sur l’importance de ce rendez-vous

Préparation de la prochaine rentrée sociale

Noureddine Bedoui met l’accent sur l’importance de ce rendez-vous

«Il faut préparer une loi de finances courageuse»

Mohamed Cherif Benmihoub

«Il faut préparer une loi de finances courageuse»