Compression des importations et préservation des réserves de change

Le gouvernement joue la carte de la prudence

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S'il y a un qualificatif à donner au travail fourni par le gouvernement en matière de préservation des réserves de change, il ne sera que la prudence dans l'utilisation des avoirs encore existants, dans le souci de leur donner une vie plus longue, surtout que le même schéma économique qui conduit à son épuisement ne trouve toujours pas d'alternative fiable permettant la reconstitution des moyens financiers externes.


Par Abdelkader Mechdal Economiste                

 

La compression de la demande sur les produits importés reste pratiquement le seul fait économique du gouvernement, puisque toute sa concentration va dans le sens de réduire la valeur des importations dans un contexte d'une faiblesse flagrante des exportations hors hydrocarbures, et que l'élément externe, qui est le prix du baril de pétrole, demeure le seul facteur qui conditionne la santé de toute une économie en mal de réforme.

Dans les faits, il y a lieu de constater, d'après les chiffres avancés par les services des Douanes, que le niveau de déficit commercial de l'Algérie n'a évolué entre les deux mois d'avril et de mai passés, que de 30 millions de dollars US passant de 1.84 milliard de dollars US pendant les quatre mois jusqu'à fin avril 2019, pour atteindre 1.87 milliard de dollars US en fin mai de la même année, ce qui donne une évolution de 1.64% seulement de ce déficit. 

Ce chiffre tendant avec le temps à des niveaux de plus en plus bas, vu que les pouvoirs publics privilégient la suppression d'avantages et d'autorisations concernant pas mal d'activités dépendantes essentiellement des importations. Sans doute que les dernières évolutions en relation avec la limitation des importations pour certaines industries, comme le montage automobile, ou carrément l'arrêt des importations pour l'assemblage des produits électroménagers, vont accentuer la tendance baissière des importations en valeur, ce qui donnerait un souffle pour les avoirs en devises.

Mais, reste que cette conduite de restriction vis à vis des importations des intrants, ou en produits semi-finis, va entraîner les opérateurs ayant cru aux arguments concernant le développement des industries de montage et d'assemblage, à une situation difficile, allant jusqu'à fermer leur unités après une très courte période d'activité et qui leur a coûté en terme d'investissement sans avoir la possibilité d'amortissement, ce qui leur signifie l'enregistrement d'une perte sèche et des recours aux licenciements, portant ainsi, et pour une énième fois, un coup fatal à la politique économique prônée jusque-là par l'Etat.

Pour ce qui est de la couverture des importations par les exportations, le taux enregistré est de 90%, ce qui démontre de la faiblesse structurelle de ces dernières, et si on se réfère au niveau des exportations hors hydrocarbures qui n'ont pas dépassé les 1.1 milliard de dollars US pendant les cinq premiers mois 2019, nous aurons un autre visage plus sombre pour ce qui est de la structure des exportations, puisque là on aura un niveau très bas de couverture des importations avec un taux avoisinant les 6% seulement.

Dernière modification le mercredi, 10 juillet 2019 22:11
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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