L’Algérie en besoin urgent de diversifier ses ressources budgétaires
13 Juil 2019
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Le déficit public se creuse davantage

L’Algérie en besoin urgent de diversifier ses ressources budgétaires

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Malgré l’argent mobilisé dans le cadre du financement non conventionnel, qui a dépassé du double pratiquement les chiffres avancés par le gouvernement en 2017, cela n’a pas empêché de constater que le déficit budgétaire n’a pas pu être couvert dans sa totalité, ce qui démontre de l’engagement risqué de l’Etat pendant des années, à enregistrer des dépenses publiques au-delà de ses capacités réelles de financement.


Par Abdelkader Mechdal Economiste

Le ministre des Finances préfère parler dans des déclarations à l’agence officielle (APS), d’une situation «relativement tendue» quand il a commenté le niveau de déficit que connaîtrait le budget de l’Etat d’ici la fin de l’année en cours 2019, et ce, en reconnaissant implicitement que le budget public est loin d’être maîtrisé, puisque le niveau du déficit y afférent se creuse davantage. Cela veut dire que l’impression d’argent dans le cadre de la planche à billets, n’a pas suffi dans son chiffre énorme de 6553.2 milliards de dinars, l’équivalent de quelque 55 milliards de dollars US, ce qui renvoie en fait à la situation de fragilité extrême de la finance publique.

La situation donc, est telle que les prévisions de clôture pour l’année en cours préconisent d’enregistrer un niveau supplémentaire de déficit de l’ordre de 236 milliards de dinars, pour atteindre 2 436 milliards de dinars au lieu des 2 200 milliards de dinars prévus par la loi de finances 2019. Cette évolution démontre aussi du peu de marge de manœuvre que possède le gouvernement, pour faire face à la dépense publique, qui reste dépendante de l’évolution du prix de pétrole, autre élément de fragilité dans une économie qui peine à se diversifier faute de politiques publiques adéquates. 

La justification faite pour le financement du déficit public est liée au niveau élevé de la dette de l’Etat envers les entreprises réalisatrices de ses programmes d’investissement, qui est arrivée à un niveau où les pouvoirs publics ont déclaré leur incapacité d’y faire face, c'est-à-dire arrivés à la situation de cessation de paiement qu’on a voulu camoufler en recourant à l’endettement interne. Ce dernier, en fait, permet aux pouvoirs publics d’échapper à toute rigueur dans la détermination des sommes à imprimer, et à toute remise en cause des choix d’utilisation de l’argent et bien sûr, tout ce qui s’ensuit en termes de restructuration de l’économie nationale.

La restructuration de l’économie nationale, qui devait prendre le relais en matière de détermination d’un nouveau modèle de croissance, et de là, diversifier les ressources budgétaires, n’a pas eu l’attention attendue qui allait être imposée par les bailleurs de fonds s’il s’agissait d’un financement étranger, ce qui fait ancrer un choix populiste prôné dès 2011, qui consistait à aller vers une expansion budgétaire dans le but de garantir une certaine stabilité sociale, sans se soucier des besoins de l’économie à une réforme assurant de meilleurs résultats en termes de croissance et développement à long terme.        

LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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