Le gouvernement ne fait que prolonger la survie des réserves de change
14 Juil 2019
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La gestion de la finance publique est loin d'assurer une meilleure croissance 

Le gouvernement ne fait que prolonger la survie des réserves de change

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Même si dans l'apparence la situation financière du pays paraît «confortable», selon les chiffres avancés par le ministre des Finances, en réalité le maintien d'une certaine «solidité» des finances publiques n'est que situation éphémère, vu qu'elle repose sur des surliquidités engendrées par l'impression excessive de l'argent. Et puis le niveau de la dette publique, interne et externe, cumule un taux de 38.2% du PIB, un niveau peu soutenable dans le contexte des difficultés que vit l'économie nationale.


Par Abdelkader Mechdal  Economiste     

Donc, en revenant à la situation financière du pays, on doit faire la remarque que la principale source d'alimentation des comptes de l'Etat reste le prix du pétrole, et là, le rapport officiel du ministère des Finances parle clairement du recul constaté du niveau des prix, qui a régressé de 6.4% à la fin des quatre premiers mois 2019 en comparaison avec la même période de 2018. D'ailleurs, c'est cette situation de manque de ressources pétrolières qui a poussé en fait les pouvoirs publics à l'option de la planche à billets, après le rejet catégorique de recourir à l'endettement externe, de peur de se retrouver de nouveau en face des conditionnalités du Fonds monétaire international.

Le choix pris en faveur de l'impression d'argent a eu comme conséquence, en se référant aux déclarations du ministre des Finances, l'enregistrement de surliquidités au niveau des banques, qui brouillent en fait la situation financière des banques elles-mêmes, puisqu'elles causent un niveau de toxicité des avoirs bancaires, tant que leur utilisation est à éviter pour ne pas alimenter l'inflation sur le marché. Le niveau des intérêts bancaires, qui affiche un taux bas, n'encourageant pas l'épargne, se répercute sur la structure de leurs avoirs, en privilégiant une situation peu commode avec la recherche d'une utilisation de l'argent au profit d'un meilleur résultat de la croissance.

Ces surliquidités ont pris un certain niveau qui constituait un danger aux équilibres financiers du système bancaire, ce qui a entraîné une intervention pas des moindres, de la part de la Banque d'Algérie, quand elle a révisé le taux des réserves obligatoires à la hausse, dans un souci unique, qui est celui d'absorber une partie de la surliquidité, et afin, bien sûr, d'assainir la situation des avoirs bancaires qui allaient pousser l'inflation à la hausse, si une fois les crédits octroyés ont été calculés sur la base de la surliquidité existante.

D'une autre part, les pouvoirs publics se réjouissent du fait que les réserves de change, au niveau de 72.6 milliards de dollars US, permettent d'avoir une marge de manœuvre quant à la consolidation du budget de l'Etat, pendant 2 ans d'importation des besoins de l'étranger, mais dans ce sillage, on oublie que ces réserves vont disparaître en 2021, ce qui est très court dans le sens où la gestion du temps n'est pas en train d'être opérée, et que les alternatives tant attendues, ne voient toujours pas le jour, ce qui remet en cause la démarche officielle qui ne fait que rallonger le temps de survie de ces réserves de change, ni plus ni moins.

Dernière modification le dimanche, 14 juillet 2019 20:08
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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