«Il faut préparer une loi de finances courageuse»
15 Juil 2019
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Mohamed Cherif Benmihoub

«Il faut préparer une loi de finances courageuse»

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L’Algérie est appelée plus que jamais à en finir avec la politique du populisme dans la gestion de son économie. Pour le professeur en économie, Mohamed Cherif Benmihoub, continuer avec les mêmes pratiques, c’est la fuite en avant et même un acte suicidaire. À cet effet, il nécessaire d’aller vers la préparation d’une loi de finances «courageuse» pour l’année 2020.


Par Zahir R.

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III», le Pr Benmihoub a expliqué que des marges de manœuvre sont toujours là, toutefois, il faut aller «vite», puisque chaque retard de plus compliquera la mission du gouvernement et rendra la situation plus complexe. Il a, en effet, plaidé pour la libération d’abord de l’économie nationale de l’administration, tout en se conformant aux règles économiques. 

Dans ce cadre, l’économiste estime qu’il y a encore possibilité de redresser notre économie par deux facteurs (réserves de change et IDE). Nos réserves de change, explique-t-il, permettront au pays d’assurer ses besoins de l’étranger, notamment pour l’industrie nationale (matière première, équipements et autres).  

Et d’ajouter : «On ne peut échapper aux investissements directs étrangers (IDE). Les décideurs doivent faciliter la tâche aux investisseurs, tout en procédant à la suppression de la règle 51/49. En dépit des assurances du gouvernement, cette règle reste une entrave et obstacle pour l’investissement». Pour cet économiste, les IDE restent une piste sérieuse et une alternative pour l’endettement extérieur, dont l’Algérie refuse jusqu’à présent de recourir à ce mode de financement. 

A cela s’ajoutent, indique-t-il, la nécessité de libérer l’entreprise publique des tutelles administratives, assainir le secteur public pour lui éviter de continuer à être un gouffre financier pour le budget de l’Etat, organiser le marché sur des bases concurrentielles et également agir sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat. «Afin de sortir de ce mauvais pas, le train de vie de l’Etat doit être revu à la baisse. Son budget devrait être réduit d’au moins 10% hors salaires», a-t-il souligné.

Relevant une faiblesse de la croissance économique, le Pr Benmihoub propose de fiscaliser l’économie informelle et d'imposer les patrimoines constitués «au cours des dernières années», sur la base d’un tas de facteurs, parmi lesquels il mentionne des avantages et autres subventions indues.

Commentant les décisions de fermetures de 45 minoteries prises par le Premier ministre, Noureddine Bedoui, l’invité de la Radio les a qualifiées d’anormales. «Économiquement, on ne procède jamais à la fermeture d’une usine en marche. Il y a des mesures à entreprendre dans ce genre de situation», a-t-il ironisé. 

Par ailleurs, le Pr Benmihoub a largement critiqué le financement non conventionnel, en le qualifiant de solution facile et non réfléchie.

Pour ce dernier, le gel temporaire de la planche à billets, par l’actuel gouvernement, n'est qu'une simple «action de communication». Les décideurs n'ont pas jugé utile, rappelle-t-il, de faire appel à des sources alternatives pour financer le déficit budgétaire ainsi que les investissements publics à venir. Il prévoit que 40% des 6 553 milliards de dinars imprimés au titre du financement non conventionnel de l’économie vont, à coup sûr, constituer une réserve dans laquelle celui-ci ne va pas hésiter à puiser.  

Dernière modification le lundi, 15 juillet 2019 22:52
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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