La fluctuation de la production agricole freine le développement du secteur
16 Juil 2019
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Elle cause une dépendance alimentaire accrue vis-à-vis de l'étranger

La fluctuation de la production agricole freine le développement du secteur

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Des contradictions flagrantes planent sur le secteur de l'agriculture, qui souffre d'une part d'une productivité de bas niveau pour des cultures stratégiques comme les céréales, et d'autre part, de l'abondance d'autres produits cultivés, ne trouvant pas accès au marché faute de moyens humains le temps de la récolte et de distribution, ce qui fait que le pays a ancré sa dépendance vis à vis de l'importation des produits alimentaires, avoisinant les 9 milliards de dollars US par année.


Cette situation a eu à être vérifiée la saison actuelle de la production céréalière, qui démontre des moyens peu adaptés pour la prise en charge des agriculteurs, ces derniers qui n'arrivent pas à écouler leur production, considérée abondante cette année, faute de manque de capacités de stockage de la part des directions régionales de l'OAIC. Pour ce qui est de la production céréalière elle-même, les données statistiques des services agricoles montrent que l'Algérie réalise une moyenne nationale de l'ordre de 18 quintaux à l'hectare par an, une moyenne des plus faibles à travers le monde, puisque dans la région méditerranéenne, la productivité à l'hectare atteint jusqu'à 100 quintaux dans les pays avancés.

En Algérie, le problème rencontré a une relation aussi avec cette grande fluctuation que connaît la production des céréales, qui peut aller d'un niveau bas de quelque 20 millions de tonnes d'une mauvaise saison, à 3 fois ce chiffre c'est-à-dire 60 millions de tonnes d'une bonne saison de récolte, ce qui est en soi une preuve que le pays n'arrive pas à maîtriser la technique de production, et de maintenir un niveau stable qui permettrait de faire des projections quant à l'amélioration de la production effective de cette filière stratégique. 

Dans ce cadre là, il y a lieu de préciser que les services de l'OAIC travaillent à base d'analyses des données de dizaines d'années pour élaborer un modèle de consommation sur lequel ils vont déterminer les moyens de régulation du marché interne, dans le souci de satisfaire la demande, et ce, en travaillant aussi avec des fournisseurs qui peuvent garantir un meilleur accompagnement, quant à l'approvisionnement de l'Algérie en quantités suffisantes, surtout le temps de la mauvaise récolte.

Pour ce qui est des autres filières agricoles, le problème qui se pose est que la non-garantie des débouchés pour la production affecte la décision des producteurs qui font des calculs à base de leurs ventes effectives et non dans un souci de satisfaire la demande, tout simplement, comme c'est le cas de la tomate industrielle, parce qu'ils redoutent un retournement de situation, si leurs investissements et leur production sont conséquents et que l'écoulement sur le marché s'avère difficile, faute à une mauvaise distribution du produit, du manque des capacités de transformation et, bien sûr, par faute de moyens d'exportation, ce qui implique l'enregistrement de pertes, poussant les producteurs à revoir leur stratégie, et peut-être l'abandon de la culture, source de perte, malgré que la saison d'après peut leur procurer des profits certains.

Abdelkader Mechdal

Economiste          

Dernière modification le mardi, 16 juillet 2019 21:26
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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