Le prix du pétrole baisse et les tensions montent
16 Juil 2019
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Contre toute attente

Le prix du pétrole baisse et les tensions montent

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Bien que la tempête tropicale, qui faisait craindre le pire, soit passée sans de trop d’incidences sur les côtes américaines et a évité de surcroît le Golfe du Mexique et de ses côtes, (importante zone pour l'or noir américain), le prix du pétrole affichait une légère baisse pour tout type de cette énergie fossile, ce lundi dernier. Après avoir amorcé une petite hausse vendredi dernier, à cause des tensions dans le détroit d’Ormuz, cette baisse peut-elle être les prémices d’un nouveau déclin des prix ? Aucun expert, ni observateurs, ne s’avancent à prédire quoi que ce soit, tant les facteurs qui influent sur les prix sont imprévisibles.


Par Réda Hadi      

D’autres observateurs mettent en relief les hésitations de Donald Trump quant à sa loi qui autoriserait la violation de l’immunité souveraine des États de l’Opep et qu’ils lancent des poursuites judiciaires pour violation des lois «antitrust», ce qui a fait réagir Riyad, qui a menacé de vendre son pétrole avec d’autres monnaies que le dollar. Cette situation, n’étant pas encore éclaircie par Washington, a fait hésiter les investisseurs alors que la rumeur circule que les Etats-Unis sont prêts à puiser dans leurs réserves.

Le prix du panier de quatorze pétroles bruts, qui sert de référence à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a reculé vendredi à 67,36 dollars le baril, contre 67,57 dollars, la veille (jeudi), a indiqué, lundi, l'Organisation pétrolière sur son site web.

«Nous sommes face à une nouvelle semaine de hausse de la production, et les stocks ont reculé moins qu'anticipé» aux États-Unis, a expliqué Bart Melek de TD Securities.

Les réserves commerciales américaines de brut ont en effet baissé de 300 000 barils, là où les analystes anticipaient davantage, et la production s'est établie à 12,3 millions de barils par jour (mbj) en moyenne, égalant son plus haut niveau historique après l'avoir déjà atteint fin avril, selon un rapport de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (AIE) jeudi. Ces nouvelles ne parvenaient toutefois pas à expliquer à elles seules l'ampleur de la chute observée depuis jeudi.

Aux prises avec une intense guerre commerciale depuis près d'un an désormais, les États-Unis et la Chine ont fait monter la pression ces derniers jours à coup de menaces verbales et de nouveaux tarifs douaniers punitifs, alors que les courtiers s'attendaient plutôt à un compromis dans de brefs délais.

Cette brutale escalade entre les deux premières économies au monde fait craindre de lourdes conséquences sur la croissance internationale et donc la demande en énergie, bien que l'expansion de l'économie américaine soir restée solide au premier trimestre, selon des statistiques publiées jeudi.

Autre point sensible aussi, c’est l’Ukraine. Tandis que le pétrole recule, le marché continue d’observer ce pays.

Les prix du pétrole évoluaient en baisse dans un marché avec de faibles volumes après un week-end de négociations entre la Russie et les États-Unis, qui se sont terminées par un accord entre eux sur la nécessité d'une solution diplomatique en Ukraine, expliquait Addison Armstrong, analyste de Tradition Energy. Le ministère russe de la Défense a annoncé, lundi dernier, le retrait d'un de ses bataillons de la zone frontalière avec l'Ukraine, sans préciser si cette opération était liée à une volonté de détente après des pourparlers avec les États-Unis à Paris.

Autant d’indicateurs qui auraient dû pousser à la hausse et reprendre du poil de la bête dans l’économie, c’est le contraire qui s’est produit.

Les incertitudes sont trop grandes pour pousser quiconque à établir des prévisions.

Selon Tamas Varga, analyste chez PVM, les tensions commerciales viennent donc alimenter les inquiétudes des investisseurs. «Les PMI qui ont été publiés au Japon, en Europe et récemment aux États-Unis ont déçu», a pour sa part commenté John Kilduff, analyste chez Again Capital.

La croissance de l'activité privée dans la zone euro a légèrement progressé, mais est restée «morose», selon la première estimation de l'indice PMI composite du cabinet Markit publiée jeudi.

Et d'un point de vue géopolitique, la situation reste tendue autour de l'Iran suite à l'arraisonnement la semaine dernière au large de Gibraltar d'un pétrolier iranien soupçonné de faire route vers la Syrie. Londres a accusé des bateaux iraniens d'avoir tenté en représailles, mercredi dernier, de bloquer un pétrolier britannique dans le détroit d'Ormuz.

La somme de ces événements alimente les craintes sur le niveau de l'offre, alors que depuis plusieurs mois, c'est plutôt celui de la demande qui posait question.

Dernière modification le mardi, 16 juillet 2019 23:12
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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