Les pouvoirs publics en obligation de réformer toute l’économie
19 Juil 2019
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Déséquilibre financier du système de la sécurité sociale

Les pouvoirs publics en obligation de réformer toute l’économie

Par:  Abdelkader Mechdal
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Le déficit financier du système national de sécurité sociale est d’une importance que les comptes publics de l’Etat en souffrent, alimentant ainsi une fragilité structurelle de la finance publique, puisque le retour à l’équilibre de la Caisse nationale des retraites demande pas moins de 5 milliards de dollars US par an, chose qui n’est pas aisée à couvrir dans la conjoncture actuelle que traverse l’économie nationale.


Par Abdelkader Mechdal  Economiste     

Le choix pris par les autorités publiques de ne plus avoir recours à l’impression de l’argent pour alimenter les caisses de l’Etat va les mettre devant une responsabilité pas des moindres, concernant ce que le ministre du Travail appelle la refonte du système national de sécurité sociale. C’est vrai que l’importance du déficit de la CNR estimé à 600 milliards de dinars est à prendre en charge par le budget annuel de l’Etat, tant que cette institution peine à trouver des sources de financement, mais reste que les choix publics qui se focalisaient sur les rentrées pétrolières pour soutenir la caisse des retraites, sont tombés dans la facilité au point que les anciens diagnostics en relation avec la gestion de la Caisse, qui mettaient en garde de la situation de son  déficit accru n’ont pas suscité de travail sérieux de correction de la situation, et aller vers une réforme du système de sécurité sociale, tout entier.

Le premier problème, qui affecte le déséquilibre financier de la Caisse, est la faible cadence des adhésions de la part des employés, par défaut de recrutement que ce soit dans le secteur public ou privé, et ce, en relation avec les entraves qui touchent le domaine de l’investissement, dans un marché gangréné par les passe-droits et les lourdeurs de l’environnement de l’entreprise, la problématique classique du modèle économique algérien. L’indicateur de la mauvaise prise en charge du problème c’est ce qui est enregistré dans le chômage qui gagne ces dernières années du terrain, en augmentant pour atteindre les 12% pour les calculs publics impliquant les estimations de ceux qui travaillent dans le secteur informel. 

Ce calcul fait par les autorités nous mène en fait directement vers le deuxième problème affectant la situation financière de la CNR, qui n’est que ce travail informel qui ne profite pas aux cotisations, tant que les travailleurs ne sont pas déclarés par leurs employeurs, ces derniers qui cultivent ainsi une situation de fragilité élargie, touchant la situation sociale des travailleurs, d’une part, et le déséquilibre financier de l’Etat, de l’autre part. Donc, parler d’une refonte d’un système qui doit atteindre une performance de 5 salariés déclarés pour un retraité, cela demande une approche économique qui va dans le sens de facilitation de la création d’entreprises et arriver pour exemple de la PME, à un niveau avoisinant les 2 millions d’entreprises. Ces facilitations vont permettre de dissuader toute tentative alimentant l’informel, ce qui aura comme conséquence de renforcer le secteur soumis à la déclaration formelle des salariés, c'est-à-dire le secteur travaillant dans la sphère officielle. Mais, ce qui est constaté actuellement, c’est que les autorités publiques, sont en train de préparer le terrain à des procédures restrictives touchant les travailleurs déclarés, en essayant au même temps de calmer leurs esprits, en rassurant que les restrictions (âge de départ à la retraite, le taux de contribution à la CNR...), vont être temporaires, le temps de retour à l’équilibre, sans que la période de la restriction ne soit définie.

Dernière modification le vendredi, 19 juillet 2019 22:24

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