A quoi sert la Bourse d’Alger ?
22 Juil 2019
Partager

La valeur transigée est insignifiante et tend à zéro

A quoi sert la Bourse d’Alger ?

Par:  Abdelkader Mechdal
Lu 661 fois

Les transactions sur le marché boursier algérien connaissent une stagnation qui dure dans le temps, pour nous faire rappeler sa situation unique dans le monde de la finance, puisqu’elle ne sert apparemment qu’au placement au temps de l’introduction en bourse des sociétés cotées, de l’épargne des entreprises et individus, cherchant une alternative plus intéressante que ce qui est proposé par le système bancaire.


Par Abdelkader Mechdal  Economiste            

Les chiffres concernant les transactions de la dernière séance de cotation des 5 titres de la Bourse d’Alger, concernant la journée du dimanche 21 juillet 2019, affichent une variation de 0% par rapport à la séance d’avant, ce qui veut dire que personne ne vend et personne n’achète, pour refléter une situation de stagnation du marché financier. Une situation de «wait and see» qui fait que les détenteurs des titres ne sont pas prêts à vendre tant que d’autres alternatives de rentabilisation ne leur sont présentées, dans un environnement financier et économique de peu d’opportunités de placement. 

D’ailleurs, le système bancaire algérien avec son aspect purement public, détenant 90% des avoirs bancaires sur le marché, constitue un frein majeur devant la concurrence qui doit être instaurée, et par là, des produits à offrir aux épargnants leur procurant des gains de placement concurrentiels, chose qui est encore loin d’être acquise, poussant les détenteurs des titres achetés à la bourse de ne pas les céder, et bien sûr, il devient ainsi difficile d’accéder au marché financier dans ces situations donnant l’impression que la Bourse est un lieu qui ne permet pas d’enregistrer des gains considérables, comme ça se passe à travers le monde, et qu’il n’est qu’un lieu de placement de l’argent épargné converti en titres au temps de l’ouverture de capital des sociétés cotées.

La dernière séance où des titres ont été vendus est très révélatrice. Le nombre de titres vendus ne dépassant pas les 1 600 titres, leur valeur totale transigée n’a pas dépassé les 2 080 000 de dinars, c'est-à-dire 208 millions de centimes équivalent à la valeur d’une voiture de moyenne gamme, qui se vend en clin d’œil juste à l’ouverture d’un marché quelconque de véhicules. Une valeur sans aucun intérêt ni pour celui qui vend ni pour celui qui achète, et moins pour l’institution de la Bourse d’Alger elle-même, qui se retrouve dans une situation ne profitant d’aucune  opportunité lui permettant d’enregistrer des bénéfices sur les transactions, donnant ainsi l’impression après 20 ans d’exercice, qu’elle n’est qu’à sa période d’expérimentation, et que le marché financier qu’elle représente est le plus faible à travers le monde.

Cette situation reflète en fait l’inertie dans laquelle est cloisonnée la politique économique de l’Etat, qui n’arrive toujours pas, et après 3 décennies de réformes, de passer à la logique de marché, donnant l’impression qu’elle ne veut pas de changement de choix, et privilégier des orientations à base rentière, ce qui laisse à la traîne toute émergence d’un développement des outils de la finance moderne au profit des entreprises économiques.

Dernière modification le lundi, 22 juillet 2019 21:06

A LIRE AUSSI..