L’Algérie en état de dépendance à double face
28 Juil 2019
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Production céréalière de faible productivité confirmée

L’Algérie en état de dépendance à double face

Par:  Abdelkader Mechdal
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Avec 4.1 millions de tonnes de production céréalière, l’Algérie reste loin de pouvoir couvrir la consommation interne, ce qui maintient la situation de dépendance vis-à-vis de l’étranger, dans l’approvisionnement du marché interne. 


Abdelkader Mechdal Economiste     

Cette situation est due en fait à la fluctuation que connaît la production nationale, qui peut se voir améliorée ou détériorée d’une année à une autre, si les conditions climatiques changent, ce qui rend très aléatoire toute prévision quant à l’évolution du volume de la production.

Pourtant, les pouvoirs publics tablaient il y a deux ans de cela, sur une augmentation de la production à court terme pour atteindre, selon les prévisions avancées en présentant la loi de finances 2018, les 5,3 millions de tonnes, et ce, en se basant sur la soi-disant amélioration des conditions techniques qui allaient jouer le jeu de booster le rendement, chose qui s’est avérée loin d’être acquise. Plus que ça, au mois d’avril passé, le premier responsable de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), avait prédit que la production céréalière nationale allait atteindre 6,2 millions de tonnes cette saison de moisson, pour que les faits trois mois après nous remettent à la réalité des choses, qui est que cette filière de production agricole est loin d’être maîtrisée, ce qui remet les pouvoirs publics devant leurs responsabilités pour trouver une solution d’une manière ou une autre à ce problème de double dépendance, aux céréales et à l’approvisionnement du marché étranger, en même temps.

En fait, on ne cesse jamais à dire et à considérer que le niveau de la productivité en Algérie est très faible, avec seulement une moyenne de 18 quintaux à l’hectare, ce qui est très loin de la moyenne de chez nos voisins méditerranéens, qui peuvent atteindre les 100 quintaux à l’hectare, avec des variétés adaptées au sol garantissant ces performances. A partir de cette situation, les pouvoirs publics ont la responsabilité à faire face en fait à une double dépendance quand il s’agit des céréales. La première concerne le produit lui-même, puisque l’Algérien consomme en moyenne quelque 220 kg par an, ce qui pousse à revoir les grandes orientations quant aux subventions octroyées à la consommation, pour réorienter celles-ci au profit d’autres produits alternatifs qui pourront être pris en charge par une production nationale plus abondante, ce qui permettrait de baisser la pression sur les céréales. Aller vers un modèle de consommation se basant sur les fruits et légumes, par exemple, est une solution adoptée par des pays qui ont vécu une situation similaire que vit l’Algérie actuellement.

La deuxième dépendance, est, quant à elle, en relation avec l’approvisionnement du marché interne par l’étranger. L’année passée qui a vu un niveau de production aux environs de 4 millions de tonnes a poussé à l’importation massive du manque de production de l’extérieur. Les achats des céréales de la France seulement ont atteint alors 4,6 millions de tonnes, c'est-à-dire un niveau bien supérieur que la production nationale elle-même. Une situation qui demeure insoutenable, dans un pays qui aspire à dépasser un modèle économique jusque-là travaillant en faveur de l’importation, ce qui a fait que la ration alimentaire de l’Algérien est tributaire de l’importation à plus de 70%, démontrant ainsi le peu d’engagement des pouvoirs publics pour remédier à une situation qui pèse lourd sur l’économie du pays.

Dernière modification le dimanche, 28 juillet 2019 21:12

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