Des opportunités de diversification mal exploitées
30 Juil 2019
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Production et commercialisation énergétiques en Algérie

Des opportunités de diversification mal exploitées

Par:  Abdelkader Mechdal
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Les chiffres, avancés sur l’évolution de la production et la distribution des produits hydrocarbures, démontrent, certes, de la capacité acquise par les deux grandes compagnies publiques que sont Sonatrach et Sonelgaz dans la couverture de la demande interne, mais reste que ce qui est attendu est de travailler dans le sens de passer vers un nouveau modèle de consommation énergétique permettant au pays l’exploitation réelle des opportunités qui lui sont théoriquement acquises.


Abdelkader Mechdal Economiste  

La première des opportunités a une relation directe avec l’objet d’existence même de ces compagnies, à savoir, produire de l’énergie et la distribuer à l’intérieur du pays, mais aussi de passer vers l’international pour consolider la position du pays sur le marché international, et assurer une meilleure diversification des exportations énergétiques. Dans ce domaine, il y a lieu de noter que la Sonatrach réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires en commercialisant les produits en état brut, sur la base du cours à l’international du pétrole et du gaz. Pourtant, cette même compagnie passait des commandes par le biais de ses filiales, pour l’achat des produits raffinés qui reviennent très chers au pays, tandis que son rôle est de vendre en plus du brut, des produits dérivants en relation avec la qualité du pétrole algérien, qualifié de supérieur sur le marché international, ce qui donne une impulsion au placement du produit raffiné algérien sur les marchés extérieurs.

Le manque à gagner dans le domaine de la commercialisation des produits dérivés est considérable, et le pays, à travers Sonatrach, a manqué pendant des décennies d’exploiter sa position de producteur du brut pour la consolidation de la création de la valeur ajoutée au profit d’une économie des plus vulnérables quand il s’agit des moyens de règlement financier en devises. Ce qui accentue la vulnérabilité dans ce domaine, c’est que le modèle de consommation énergétique est resté figé, et de fait, il a laissé passer une autre opportunité de taille qui est celle de pénétrer avec force le domaine de la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables. Des alliances à l’international sont possibles, et l’intégration des réseaux régionaux de distribution de l’électricité aura à optimiser l’existence du produit algérien à l’extérieur, et de là, assurer une meilleure rentabilisation de l’activité de production et de commercialisation de la Sonelgaz.

Il est clair que le tort dans la démarche publique est en relation avec cette obstination d’ignorer la dimension élargie que procure le fait de placer les produits algériens sur les marchés étrangers, et l’insistance de travailler dans un marché national réduit, ne permettant pas aux entités publiques de progresser pour avoir une position parmi les grands groupes internationaux, puisque la consommation nationale est réglementée, et les tarifs administrés sont en deçà de ce qui est appliqué à l’international. Une compensation était possible par le biais d’orienter des produits dérivés à haute valeur ajoutée vers l’étranger, ce qui aurait eu comme impact, de consolider les comptes en devises des deux grands groupes publics algériens, et, partant, l’amélioration continue de leurs prestations au profit du consommateur, tant algérien qu’étranger.

Dernière modification le mardi, 30 juillet 2019 21:38

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