Qu’en est-il du projet Peugeot d’Oran ?
13 Aoû 2019
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Le patron du groupe Condor incarcéré

Qu’en est-il du projet Peugeot d’Oran ?

Par:  Réda Hadi
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Avec la décision du juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed de placer en détention provisoire le patron du groupe Condor, beaucoup à Oran ont  rappelé que ce groupe fait partie de l’actionnariat du projet de montage automobile «Peugeot Citroën production Algérie, (PCPA)». La question que tout le monde se pose est de savoir si le projet de Peugeot de s’installer à Oran va t-il être bouleversé ?


Par Réda Hadi 

Ce projet, qui a vu le démarrage, le mois dernier, de la construction des bâtiments de l’usine implantée dans la commune de Oued Tlelat (wilaya d’Oran), a connu déjà beaucoup de retard comme l’avait dit le représentant de la région Mena pour le groupe Peugeot- Citroën.

Ce projet a plusieurs actionnaires algériens, comme Condor, Palpa Pro et l’entreprise publique de machines-outils PMO. 

Si les incertitudes pèsent sur ce projet, Peugeot de son côté a voulu se montrer rassurant. D’ailleurs dans un communiqué, Peugeot a confirmé son engagement en Algérie, dans le cadre du projet de réalisation d’usine Peugeot-Citroën Algérie Production (PCPA).

Actionnaire à hauteur de 15,5% du projet d’usine Peugeot Citroën Production Algérie dont les travaux de construction ont été lancés le 21 juillet dernier dans la zone industrielle de Tafraoui dans la wilaya d’Oran, la mise en détention provisoire de plusieurs responsables de Condor risque-t-elle de porter un coup au projet industriel du groupe PSA, alors que  le groupe Condor Electronics avait même annoncé qu’il allait investir dans la sous-traitance automobile pour fournir directement l’usine PCPA.

La perte d’autant d’emplois va porter un coup dur à la wilaya d’Oran qui mise sur ces entreprises pour devenir un  pôle en matière de construction automobile.  

Pour rappel, l’usine de montage de véhicules du groupe PSA en Algérie devait initialement être implantée dans la zone d’El-Hamoul, dans la commune d’El-Kerma, située au sud d’Oran.  Mais en avril 2018, un agriculteur avait contesté, dans une vidéo, l’attribution de son terrain, pour accueillir cette usine.

Toujours est-il qu’en dépit des assurances des pouvoirs publics et de Peugeot, les incertitudes autour de ce projet sont fortes, et ne sont pas prêtes à être atténuées, du moins pour le moment.

En effet, cette affaire n’est pas une situation inédite, puisque avant Condor, d’autres entreprises ont eu leurs patrons mis en détention provisoire par la justice, depuis le début du Hirak

Et c’est là où le bât blesse. Quelle que soit la taille de l’entreprise, celle-ci est gérée d’une manière unilatérale, et même si un conseil d’administration existe théoriquement, une seule voix a droit de décision, celle du fondateur.

Régies d’une manière monocéphale, les entreprises algériennes sont de type familial. Un modèle de gestion qui a fini par montrer ses limites, particulièrement après le décès de son fondateur, ou comme c’est le cas à présent, lors d’une incarcération.

Le pouvoir décisionnel étant représenté par une seule personne, son absence donne à controverse, particulièrement pour les  enfants, qui se livrent à une lutte acharnée pour accéder au pouvoir.

Tous ces éléments ne font qu’attiser des peurs légitimes en soi, pour tous ceux qui ont fondé leur espoir de trouver un emploi grâce à ce projet.

Selon des observateurs, le communiqué de Peugeot, n’a pas suffi à apaiser les esprits, et ce, d’autant plus que selon la rumeur qui circule à Oran, le wali «Him self» a affirmé en off après une réunion, qu’il ferait tout pour que ce projet ne capote pas, particulièrement à la veille des Jeux méditerranéens.

L’Etat a dit que la pérennité des entreprises serait assurée. Le projet va-t-il être touché après déjà des retards dans le démarrage des travaux, le groupe Peugeot saura-t-il certainement tout faire pour que le site démarre comme prévu ? Personne n’est en mesure de prévoir.

Dernière modification le mardi, 13 août 2019 20:32

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