La poursuite du Hirak peut-elle nuire à notre économie ?
14 Aoû 2019
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La poursuite du Hirak peut-elle nuire à notre économie ?

Par:  Réda Hadi
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Loué par nombre de pays, et surtout salué pour son pacifisme et son organisation sans aucun  leadership, le Hirak en Algérie est cité en exemple par des chefs d’Etat qui s’étonnent que ce mouvement ne s’essouffle pas en dépit du Ramadhan, des vacances et de bien d’autres problèmes, et mieux encore, qu’il soit (le Hirak) arrivé à des résultats plus que probants, sans violence ni heurts significatifs avec les forces de l’ordre, comme c’est le cas en France avec les gilets jaunes, ou à Singapour. Pourtant, tout n’est pas aussi beau sous le soleil d’Algérie. Nous avons un mouvement qui continue de refuser tout ancien dirigeant de régime aussi honnête soit-il, et une économie déjà en berne qui ne cesse de reculer.


Par Réda Hadi

Si au niveau national, nos concitoyens se pensent investis d‘une mission pour faire capoter un régime honni, il semblerait qu’au niveau économique, les choses ne vont toujours pas dans le bon sens. En effet, déjà réputé pour être le tir-au-flanc, le Hirak a été propice pour accentuer un absentéisme déjà fort présent dans les entreprises étatiques particulièrement.

Au-delà de l’aspect politique, le Hirak a influé énormément sur le comportement des investisseurs et des patrons (du moins ceux qui ne sont pas en prison).

S’agissant des investisseurs étrangers, ils sont dans une situation de «wait and see» et s’ils ne reculent pas, n’avancent pas non plus.

Les patrons algériens, quant à eux, ne recrutent plus ou très peu, préférant garder le maximum de trésorerie, pour parer éventuellement à des coups durs.

Depuis  mars, et malgré les propos rassurants des pouvoirs publics, la situation  n’est guère reluisante. L’investissement est toujours en baisse, et plus les jours passent, et plus grande est l’incertitude.

La situation réelle ne peut être jugée d’une manière objective faute de données et de statistiques fiables et libres.

Des économistes refusent tout de même d’associer cette baisse d’activité, arguant le fait que la baisse et le manque de compétitivité étaient déjà le talon d’Achille de notre économie bien avant le Hirak. 

Pourtant les patrons des PME/PMI se plaignent de la baisse des commandes et des lourdeurs bureaucratiques qui ne font que s’exacerber depuis février 2019.

Des observateurs de la vie économique soulignent que si le Hirak n’est pas directement responsable de la situation, il n’en reste pas moins le levier qui a accentué les choses.

Pour en revenir aux investisseurs étrangers, ils insistent sur la clarté de la situation. Pour eux, il serait inconcevable d’investir dans un pays où le modèle économique n’est pas encore défini et choisi.

Les institutions financières internationales telles que le duo-FMI-Banque mondiale, n’ont pas manqué d’affirmer leurs inquiétudes et nous ont déjà classé pays à risques, ce qui a fait fuir encore plus les investisseurs.

Si elles ne condamnent pas le Hirak (elles ne l’approuvent pas aussi), elles recommandent son rétrécissement temporel, afin de préserver l’outil économique de débordements dommageables au pays, anticipant de fait sur une détérioration du Hirak.  

En effet, faut-il souligner, encore une fois, la vulnérabilité de notre économie et sa dépendance quasi-totale au commerce extérieur, tant en  importations qu’en exportations.

Il est temps pour nous de sortir de cette crise qui n’en finit pas, car les premiers désordres économiques et sociaux commencent à se manifester, ici et là, dans notre  pays, avec plus ou moins d’intensité et avec comme première confusion, le mélange entretenu entre le «Hirak» et les grèves classiques socioprofessionnelles et revendicatives qui se propagent. La seconde confusion généralisée réside dans les orientations idéologique et politique que devrait prendre les futures autorités économiques.

Entre temps, au niveau économique, le FMI conclut dans la dernière évaluation de notre économie que l’Algérie disposait d’une fenêtre d’opportunités pour «atteindre le double objectif de stabilisation macro-économique et de promotion d’une croissance durable». Il suggère la mise en œuvre de «réformes structurelles pour promouvoir l’émergence d’une économie diversifiée, tirée par le secteur privé et réduire la dépendance aux hydrocarbures ». De son côté, la Banque mondiale suggère «un ajustement budgétaire, dès 2019, par des réformes structurelles des subventions et du climat des affaires ». Les deux institutions ont révisé à la baisse le taux de croissance du PIB pour 2019 et considèrent que ce qui est important économiquement pour l’Algérie est de préserver la stabilité économique durant cette transition politique».

Dernière modification le mercredi, 14 août 2019 23:10

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