Bedoui face à la fronde qui s’annonce
25 Aoû 2019
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Marches populaires, baisse des prix du pétrole, contestations sociales

Bedoui face à la fronde qui s’annonce

Par:  Réda Hadi
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La rentrée sociale s’annonce frondeuse. C’est un immense travail qui attend le chef du gouvernement. Y faire face, ne sera pas chose aisée. La trêve estivale est consommée. Avec un pouvoir d’achat qui ne cesse de s’éroder, des réserves de change qui ont fondu comme neige au soleil, un prix de pétrole qui ne risque pas d’aller plus haut qu’il ne l’est, Bedoui a  du pain sur la planche. Comment arriver à concilier les exigences des uns et des autres sans pour autant nuire à une économie moribonde, qui, elle aussi, ne veut pas décoller en sus des chefs d’entreprise qui sont aux aguets du moindre événement pour recruter et les investissements en baisse.   


Par Réda Hadi

Les  signes annonciateurs des problèmes à venir sont bel et bien là. Le gouvernement Bedoui aura fort à faire, car la marge de manœuvre dont il dispose pour faire face aux vents contraires est des plus étroites. Certes, le Premier ministre Noureddine Bedoui s’est voulu rassurant en se félicitant, lors de la réunion du conseil de gouvernement tenu mercredi dernier, du progrès notable en matière de préparatifs de la prochaine rentrée sociale, qui est le fruit de la mise en œuvre du programme préparatoire spécial et des décisions prises par le gouvernement à cet effet.

Il y a surtout les manifestations qui n’ont pas cessé depuis février dernier et qui, tout porte à croire, vont reprendre de plus belle à l’occasion de la prochaine rentrée sociale. La contestation peut même se radicaliser avec le spectre de la désobéissance civile, agité par beaucoup de manifestants.

De plus, le scandale de la pénurie d’eau pendant les deux jours de l’Aïd dans plusieurs wilayas du pays alors que le ministre des Ressources en eau avait promis aux Algériens de passer une fête sans la moindre coupure de ce précieux liquide, est toujours vivace dans les esprits, et accentue davantage le doute sur les capacités de certains ministres à gérer leurs départements (du point de vue populaire).

En somme, le gouvernement de Noureddine Bedoui doit se préparer sur les deux fronts, économique et social. Pour le premier, il s’agit de faire face à une conjoncture marquée par le déficit de la balance des paiements et le souci de préserver les réserves de change, notamment par la poursuite de la politique de maîtrise des importations. Pour le second, il s’agit d’instruire les ministres chargés des dossiers de développement socioéconomique, d’intensifier les efforts afin de mobiliser le potentiel à leur disposition pour répondre aux besoins de la population dans les meilleures conditions possibles.

A cela, s’ajoute la menace brandie par les syndicats autonomes de renouer avec la protestation dès septembre prochain pour soutenir l’insurrection citoyenne.

Autre élément qui risque d’empoisonner la vie du gouvernement Bedoui : le manque de finances pour acheter la paix sociale. Avant 2014, les gouvernements successifs ont souvent puisé dans le bas de laine plus de 200 milliards de dollars engrangés tout au long de la période faste du pétrole cher pour étouffer dans l’œuf le moindre foyer de contestation. Cela n’est plus le cas

L’action de Bedoui peut s’avérer complexe avec l’amenuisement des réserves de change qui sont en-deçà de 80 milliards de dollars et la chute du prix du pétrole qui est de 60 dollars à peine, l’Exécutif aura du mal à affronter une situation socioéconomique des plus pénibles et faire redémarrer une machine économique fortement grippée.

Autre dossier sensible, le logement pour lequel Noureddine Bedoui a instruit le ministre de l’Habitat et les walis de «veiller à la distribution des programmes de logement achevés, qu’ils s’agissent de logements sociaux locatifs, AADL 1 et AADL 2, de logements publics aidés (LPA), publics promotionnels (LPP) ou des lotissements sociaux dans le Sud et les Hauts-Plateaux».

Pour ce qui est de l’éducation nationale, il est question de réhabiliter et renforcer le sport scolaire, et 656 nouveaux établissements, dont 426 écoles primaires, 137 collèges et 93 lycées, seront ouverts durant la prochaine rentrée scolaire 2019/2020 en septembre prochain. Ces nouvelles infrastructures pédagogiques seront renforcées par 161 autres à la fin de l’année 2019. C’est ce qu’on a appris à l’issue du dernier conseil du gouvernement, mercredi dernier, lequel a indiqué que 8 040 nouveaux postes budgétaires ont été ouverts, dont 1 061 réservés aux enseignants.

Cela va-t-il suffire à faire taire la colère sourde de la population qui demande plus de transparence dans la gestion des affaires publiques, et les  arrestations en cascade ont mis à jour, tout un système de malversions érigées en véritables dogmes et qui ont ruiné le pays.

C’est peu dire que d’affirmer que l’équipe gouvernementale est appelée à faire face, en septembre prochain, à une épreuve très difficile, voire une équation presque irrésolue. Souhaitant  le meilleur pour l’Algérie.

Dernière modification le dimanche, 25 août 2019 22:56

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