Les limites d’une intervention publique en transition
10 Sep 2019
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Conjoncture économique

Les limites d’une intervention publique en transition

Par:  Abdelkader Mechdal
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Devant les menaces qui guettent la finance publique, résultat d’un modèle économique orienté vers la préférence étrangère en matière de conception, réalisation et suivi des grands projets de l’Etat, l’une des missions à prendre en charge par l’actuel gouvernement est de freiner la saignée que connaissent les réserves de change sans autant se pencher sur l’autre volet qui est celui de faciliter l’investissement productif, ce qui aurait jouer en faveur d’une meilleure croissance.


Par Abdelkader Mechdal, économiste     

Les seuls indicateurs fiables qui témoignent réellement de la situation économique du pays sont en relation avec le niveau des réserves de change, la croissance et le chômage. Le premier indicateur, et le plus connu de tous, met à nu une politique budgétivore de l’argent public sans pouvoir assurer des ressources conséquentes à y faire face, ce qui se traduit par une diminution continue des réserves en devises, qui ont devant elles une vie très courte ne dépassant pas une année et demie de couverture des importations. Et pendant cette courte période, la seule marge de manœuvre devant le gouvernement est de prendre des mesures restrictives quant à l’utilisation des disponibilités en devises dans un but de rallonge de la période de son utilisation, puisque le gouvernement est né dans une conjoncture de transition politique vers un nouveau système, ce qui le rend incapable à mettre des solutions stratégiques en exécution, une tâche qui est plutôt des prérogatives d’un gouvernement issu de la volonté populaire.

Pour ce qui est de la croissance, ce paramètre est très révélateur et a toujours été tiré par la dépense publique, et, malgré les sommes colossales engagées, le taux de croissance de l’économie ne suivait pas, enregistrant des chiffres faibles, témoignant eux aussi des défaillances d’un système économique peu compatible avec le marché et favorisant le gaspillage de la ressource publique qui tire ses chiffres de la vente des hydrocarbures exclusivement. Et dans une telle conjoncture, caractérisée par l’incertitude, l’élément le plus touché dans ces conditions est la confiance, le niveau de risque étant estimé assez élevé par les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, ce qui les mène à observer une période d’attente et de gel pour mieux voir si leurs projets pourraient aboutir ou non. Et là aussi, l’actuel gouvernement n’est pas habilité à mettre en œuvre des actions d’ordre stratégique et faire les corrections nécessaires à la relance de l’économie.

Le chômage, quant à lui, suit cette situation de déséquilibre et donne un résultat ne suivant pas le besoin de l’économie et de la société, à savoir une création d’emplois conséquente pour y faire face. Les chiffres sont partis en hausse ces deux dernières années avec les licenciements qui ont touché pas mal de secteurs gros employeurs, à l’instar du BTPH, ce qui donne une dynamique contraire à celle attendue de l’engagement de l’Etat par la dépense publique. Ici aussi, la marge d’intérêt à tirer du travail du gouvernement reste très limitée, ne pouvant aucunement faire face au besoin de création conséquente d’emplois. 

Donc, pour les missions accomplies par les autorités actuellement, il est aisé de constater qu’elles se penchent essentiellement sur des actions de sauvetage temporaire de la situation économique du pays, et la seule arme utilisée est la restriction que ce soit dans la dépense budgétaire ou dans l’importation, avec des conséquences néfastes sur des segments de marché sensibles comme celui du médicament ou de l’industrie, créant ainsi des pénuries sur le marché national.     

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