Le difficile challenge de l’intégration du progrès technique en céréaliculture
11 Sep 2019
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La production en Algérie confirme sa fluctuation historique

Le difficile challenge de l’intégration du progrès technique en céréaliculture

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L’Algérie, qui avait l’habitude de constituer à elle seule la moitié de la demande mondiale de blé dur, arriverait à s’en passer de l’importation de cette denrée alimentaire comme la saison actuelle permettra de dépasser les 6 millions de tonnes de production de céréales avec la satisfaction de la demande nationale en blé dur et en orge. Le problème qui persiste dans une bonne saison comme celle-ci est le manque constaté dans la production de blé tendre, ce qui veut dire que la satisfaction de la demande interne passe obligatoirement par l’importation.


Par Abdelkader Mechdal, économiste     

La première information qui tape à l’œil, c’est bien cette grande et historique fluctuation de la production céréalière qui se confirme avec le temps, puisque les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture indiquent une production jamais égalée depuis l’indépendance après celle de l’année passée, qui était bien maigre puisqu’elle n’a pas dépassé 2,7 millions de tonnes seulement. Et si l’on se réfère à la meilleure performance atteinte jusque-là et qui avait enregistré 6,2 millions de tonnes, cela veut dire que la production de la saison qui s’achève va dépasser ce chiffre. Le résultat lui-même est confortant puisqu’il permet déjà aux autorités publiques de prendre cette décision de ne pas recourir à l’importation des ces deux denrées que sont le blé dur et l’orge, ce qui va jouer en faveur de la limitation de sortie de devises via l’importation.

Le problème qui se pose c’est que ce niveau de production, qui va d’une part au triple d’une saison à une autre et qui peut aussi repartir à la baisse d’une façon aussi spectaculaire la saison d’après, personne ne peut avancer ou prétendre qu’il peut garantir le maintien de la production à son niveau élevé. C’est une réalité historique pour l’Algérie, et ce, depuis l’ère coloniale. De plus, les autorités publiques ont affiché une certaine indifférence quant à l’adaptation technique de la culture céréalière avec les conditions climatiques du pays, comme l’utilisation des semences importées d’Europe qui ne peuvent en aucun cas assurer une meilleure productivité à l’hectare. D’ailleurs, le chiffre officiel concernant la moyenne de la production céréalière à l’hectare du niveau faible de 18 quintaux est très révélateur des difficultés que rencontre cette filière agricole en Algérie. 

Donc, les conditions de la production nationale doivent avoir plus d’attention de la part des autorités publiques, ce qui se résumait auparavant à l’octroi de crédits bonifiés aux agriculteurs, mais sans aller dans le sens d’inciter ces intervenants dans cette filière agricole ou autre à adopter de nouvelles méthodes de production en relation avec les superficies à cultiver, la mécanisation, la formation de la main-d’œuvre et, bien sûr, la garantie d’une meilleure prise en charge à la commercialisation et les encourager, ainsi, à maintenir le même niveau d’engagement dans le but d’améliorer et de stabiliser le niveau de production garantissant une meilleure satisfaction de la demande interne et de recourir le moins possible à l’importation.

LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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