L’endettement extérieur est-il sans danger à notre économie ?
07 Oct 2019
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La question divise

L’endettement extérieur est-il sans danger à notre économie ?

Par:  Réda Hadi
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C’est la question qui divise le milieu des économistes dans notre pays. Alors que certains avancent  que recourir à un emprunt est sans conséquence sur notre économie, et que cela est une action normale, d’autres affirment le contraire et assurent que cela nous mettra sous les fourches caudines du FMI/BM, avec des conséquences que nous avons déjà connues.


Par Réda Hadi

L’économiste algérien Mohamed Boukhari est partisan de ceux qui affirment que s’endetter ne peut avoir une conséquence directe sur notre économie, pour peu que soient respectées les conditions annoncées au préalable, notamment le ciblage des projets économiquement rentables. Pour lui, le gouvernement a choisi de recourir à la meilleure solution possible qui soit pour financer le déficit budgétaire, à savoir l'endettement extérieur, lequel ne saurait constituer un danger sur l'économie, s'il se fait dans le respect des modalités et conditions présentées par le ministre des Finances.

Un avis qui ne  fait pas l’unanimité  parmi les économistes. Le gouvernement a opté pour l’endettement extérieur malgré le précédent rejet de cette option. En effet, les pouvoirs publics  avaient déclaré récemment que «tout recours à l’endettement extérieur est absolument à écarter».   

Cette option fait partie de l’avant-projet de loi de finances 2020. Ce dernier prévoit la possibilité de recourir à l’emprunt étranger «pour financer les projets d’infrastructures rentables». Le gouvernement opte ainsi pour une solution tant décriée dans une conjoncture morose avec une économie rentière dépendante des hydrocarbures.

Ainsi, des questions sont posées sur le recours à l’emprunt sur les marchés internationaux, qui pourra constituer un motif d’inquiétude pour l’économie algérienne. Les économistes affirment que «si c’est pour financer de bonnes dépenses, pourquoi pas ?» et expliquent qu’«une dette extérieure maîtrisée peut être bénéfique, à condition que les dépenses ainsi financées créent des richesses pour l’avenir». Ce qui pour beaucoup n’est pas  évident, tant la pression de la paix sociale pèse sur les affaires du pays.

Toujours est-il que la politique économique basée essentiellement sur les hydrocarbures (la diversification n’a pas encore porté ses fruits) met sérieusement en doute les capacités du pays à rembourser ses dettes, surtout dans le cas où le pétrole continue à subir l’instabilité du marché et chute. Cette dette sera une nouvelle charge budgétaire qui pourrait entraîner une spirale vicieuse. Il faut signaler que la dette, en augmentant, va creuser le déficit budgétaire puisqu’il faut rembourser plus d’intérêts. Conséquemment, cela créerait plus de dettes. Il faut aussi souligner que les économistes craignent une remontée brutale des taux d’intérêt, qui pourrait encore creuser le déficit, avec un risque de surendettement.

Pourtant certains économistes certifient le contraire, à l’instar de M. Boukhari qui propose  

l’installation d’une commission composée de représentants des départements ministériels et d'experts de la Banque d'Algérie (BA) et des banques commerciales, qui sera mise sur pied afin de procéder à la sélection des projets concernés après examen des études y afférentes, avant de les soumettre aux instances internationales spécialisées dans le financement du développement D’ailleurs, ces dernières n'approuvent les projets qu'une fois leur rentabilité économique avérée. 

Un paradoxe, à l’heure d’une économie mondiale, où les décisions sont prises sur le fait et immédiatement. Pourtant  les instances internationales telles que le FMI ou la BM, posent d’ores et déjà leurs conditions pour d’éventuels emprunts.

Pour ces deux institutions, l’Algérie doit faire le ménage dans son économie et pour ce faire, des mesures drastiques sont suggérées, pour ne pas dire imposées.

Les indicateurs n'ont rien de rassurant. En l'espace de cinq ans, le prix du baril de Brent s'est déprécié de %. Selon une récente étude du think tank Carnegie Middle East Center, l'Algérie, qui se dirige vers une «crise économique imminente», a besoin d'un baril à 116 dollars pour équilibrer son budget. Or, le cours du brut peine à se maintenir au-dessus des 60 dollars. Les dépenses publiques ont explosé à plus de 70 milliards de dollars, en augmentation de 12%. Les mesures pour juguler les importations n'ont pas fonctionné : la facture tourne toujours autour de 45 milliards de dollars de marchandises et 11 milliards de dollars de services. L'inflation continue sa progression : de 4,3% en 2018, elle passerait à 5,6% à fin 2019, selon des prévisions.

Avant que cette question ne soit définitivement prise avec arguments à l’appui, le citoyen quant à lui continuera de voir déprécier sa monnaie et diminuer son pouvoir d’achat. La paix sociale à un coût, l’Algérie a-t-elle les moyens d’y faire face. La question reste posée.

Dernière modification le lundi, 07 octobre 2019 21:39

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