Tourisme en Algérie

Le haut de gamme pour sortir de l’impasse?

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Le ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, a inauguré ce week-end 4 nouvelles structures hôtelières dans la capitale. Ces nouvelles structures, qui sont censées contribuer à la dynamique de la politique du tourisme engagée par les pouvoirs publics depuis quelques années, et au-delà même des bénéfices en termes d’emploi et de renforcement du parc  hôtelier, laissent dubitatifs certains économistes qui pensent que la relance du tourisme passe une diversification de l’offre et l’amélioration des prestations.


Par Réda Hadi

Le tourisme algérien est au creux de la vague au regard des immenses potentialités que recèle notre pays. Or, nous observons ces dernières années, à une floraison d‘hôtels de «prestige», dont certains séparés que par une centaine de mètres. Pour Bey A, un voyagiste de Dar El- Beïda, que nous avons rencontré, construire des hôtels, c’est bien, mais ne construire que des hôtels de luxe est une forme de ghettoïsation de la clientèle, et la question de la pérennité  économique de ces nouvelles constructions se pose.

Effectivement,  à voir la cadence de construction de ce type d’hôtels, certains se demandent en quoi une multitude d’infrastructures de ce type, peut contribuer à la relance du tourisme en Algérie.

En effet, toutes les nouvelles constructions ne concernent que le tourisme d’affaires. Est-ce à croire que la ligne tracée pour relancer ce secteur ne porte que sur le haut de gamme ?

Un haut de gamme remis en cause par beaucoup de clients qui estiment que les prestations ne correspondent pas à la dénomination de l’hôtel. Il faut préciser aussi  que ces mêmes constructions sont auto-dénommées et auto-classifiées.

Le haut de gamme correspond à des normes précises et dans ces nouveaux hôtels prétendus 5 étoiles, on ne trouve aucun matériau noble, et où le plastique est roi. On le retrouve partout.

De plus, les imperfections  sont nombreuses, et cela sans parler des services proposés qui ne reflètent nullement le haut de gamme, mais à des prestations de piètre qualité, avec un personnel formé visiblement à la hâte, sans aucune directive précise.

Apparemment, c’est le tourisme d’affaires et le haut de gamme qui ont été privilégiés par les investisseurs encouragés par les pouvoirs publics. Sauf que le tourisme d’affaires ou de luxe est une niche qui demande un certain savoir-faire et un degré d’excellence que nous ne disposons pas.

Il n’est nul besoin d’être oracle, pour affirmer que trop d’hôtels de luxe vont tuer ce pan de ce secteur. Si le tourisme algérien est dans un certain marasme, tous les économistes et observateurs affirment que le tourisme ne peut réussir que s’il arrive à s’adapter.  

Si ce type de tourisme peut avoir un certain poids, il n’en demeure pas moins restreint, et sa réussite aussi ne peut venir que par l‘excellence des prestations et des conditions d’hébergement.

Les pouvoirs  publics en encourageant ce type de construction n’ont-ils pas forcé la dose, et réserver l’exclusivité de la réussite de ce secteur, à une niche qui, même si dans d’autres cieux est rentable, n’en demeure pas moins un choix aléatoire pour notre politique du tourisme.

Pourtant, le tourisme en Algérie a de fortes chances de réussir, pour peu que toutes les possibilités soient étudiées et explorées.

Nous devons nous inspirer de ce qui réussit ailleurs et l’adapter au mieux, sans tabou ni complexe.

A chaque région peut correspondre un type de tourisme. De plus, il faut changer les  mentalités, et ne plus se cantonner qu’à trois types de tourisme. Celui des affaires, le balnéaire et le saharien.

La réussite de ce secteur passe aussi par une adéquation entre l’offre et la demande. La diversification est aussi un axe essentiel dans le tracé de toute politique de tourisme.

Pour réussir, il faut que le tourisme soit aussi divers que varié. Certains observateurs préconisent le développement du tourisme de montagne, des séjours courts, les chambres d’hôtes, ainsi que la promotion de la culture et la tradition locales. Les produits artisanaux sont un plus fortement apprécié par tout type, de tourisme, et les produits de terroir sont très recherchés.

Nous devons pour réussir, nous dépêtrer des fondements de notre mentalité issue du tourisme de masse qui a fait la fierté des années de dirigisme, et qui par la suite a été dévoyé à d’autres  desseins.

Dernière modification le samedi, 13 avril 2019 20:30
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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