Crise politique

Les divergences persistent

Par:  Naama Abbas
Lu 46 fois

La crise politique qui frappe notre pays depuis plus d’un mois et qui a abouti à la démission de Bouteflika et la désignation du chef de l’Etat Bensalah pour une durée de 90 jours ne semblent pas avoir apaisé les revendications légitimes du mouvement populaire Hirak qui, lui, demande le départ pure et simple du système politique et de ses symboles en les personnes des «3 B» qu’il désigne nommément.


Le vice-ministre de la Défense nationale Ahmed Gaïd-Salah qui a donné un coup de pied dans la fourmilière en dénonçant  la bande qui a fait de la fraude, de la malversation et de la duplicité, sa vocation, exigeant l’application des articles de la Constitution 102, 7 et 8 , se rangeant du côté du peuple algérien, n’a pas pour autant apaisé le mouvement populaire qui continue de manifester dans les rues et les villes du pays.

Rien ne semble indiquer que ce mouvement va fléchir. Et ce n’est pas la faute aux partis politiques qui essayent depuis le 22 février dernier de trouver des issues à cette crise politique qui semble s’installer dans la durée.

Pourtant, tout le monde, particulièrement les économistes, attire l’attention sur la situation économique du pays qui n’est pas du tout reluisante et qui risque davantage de se dégrader  dans le cas où une sortie de crise rapide de cette crise ne soit pas envisagée.

Il ya aussi le pourrissement de la situation qui prévaut actuellement dans le pays, où le secteur de l’éducation  nationale est en train de pâtir sérieusement par les nombreuses grèves dont bon nombre de syndicats indépendants, qui ont rejoint le Hirak populaire, appellent régulièrement à des grèves cyclique dont les élèves sont les premiers à en souffrir.

De nombreuses entreprises publiques ou privéss fonctionnent au ralenti, on parle actuellement de près d’une centaine d’entreprise du bâtiment qui sont à l’arrêt.

Vendredi dernier, la marche populaire a été sérieusement perturbée. Elle a terminé en échauffourées qui ont opposé les forces de l’ordre à des éléments perturbateurs venus en découdre avec les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Beaucoup ont cru bon dans cette escalade de chercher qui étaient les coupables et tenter de jeter l’opprobre sur les forces de l’ordre dont le rôle est de maintenir justement l’ordre et la sécurité des Algériens.

Le communiqué de la DGSN a fait état de l’arrestation de certains individus qui tentaient d’induire les manifestants à la  violence, ce communiqué gagnerait à donner plus d’informations qui étaient ces étrangers par exemple. Bref, la DGSN se doit de communiquer, d’informer au lieu de laisser les réseaux sociaux s’enflammer de «Fake news» et de fausses informations les unes plus fantaisistes que les autres. Il y a aussi le rôle de la presse et de certaines chaînes de  télévision privées qui ont totalement dévié de leur rôle premier d’informer. Là aussi, la responsabilité de la presse est énorme, elle doit reprendre sa place et sa mission, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Dès le début, le Hirak avait donné le ton à un mouvement pacifique serein et responsable guidé et porté par une jeunesse qui a su donner une leçon de citoyenneté au monde entier.

Une leçon qui ne doit pas être détournée par toute cette faune avide de placer en porte-parole  autoproclamée d’un mouvement qui ne souhaite en fin de compte que le changement radical d’un système qui a fait son temps. Il est clair que l’avenir de ce pays ne doit en aucun cas être menacé par des revanchards de tous bords.

Naama Abbas

Dernière modification le dimanche, 14 avril 2019 21:04

A LIRE AUSSI..