Volonté populaire, exigences politiques

La difficile et délicate transition

Par:  Réda Hadi
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Le peuple s’est exprimé dans la rue, affirmant sa volonté de changement et ce besoin inébranlable d’épurer un climat politique, qui fait sombrer le pays dans une certaine misère économique et de liberté de la parole. Pourtant, si ce mouvement a abouti à une certaine clarification des choses et la satisfaction de certaines revendications, le critique semble avoir été atteint.  Avec un mouvement sans vrai leader charismatique, ni figure de proue, cet élan semble maintenant aboutir à un point crucial, car il a tendance à se disperser, et les demandes sont de plus en plus nombreuses. Avec le temps et certaines circonstances, le doute commence à s’installer pour que réussisse cette fameuse transition.


Dix semaines après le déclenchement de ce formidable mouvement spontané de la rue qui veut affirmer la vox populi, et à l’approche du mois sacré de Ramadhan, le doute s’installe d’une manière pernicieuse dans les esprits de certains ex-dirigeants et d’économistes. C’est le cas de Abdelaziz Rahabi, ancien ministre, qui soulève le cas de cette «fameuse transition», qui devrait être opérée par ceux-là mêmes à qui on demande de «dégager». «Il n’y a pas une seule transition au monde organisée par l’ancienne équipe au pouvoir», a indiqué, hier, ce  diplomate, à nos confrères de la Radio nationale.

Certain que la transition sera un échec, celui-ci affirme que «C’est une transition à l’Algérienne, et qui a toutes les chances de ne pas aboutir, encore moins, les élections du mois de juillet prochain».

Brossant un tableau dans le sens du poil des revendications, Rahabi signale qu’il y a un sérieux décalage entre le peuple, qui est déjà dans la transition démocratique, et celle des tenants du pouvoir avec ses fausses propositions et ses demi-mesures.

Selon lui, les Algériens savent tellement bien ce qu’ils veulent et leurs revendications, qui sont éminemment politiques, sont claires et nettes.

Au lieu de tenir compte de cette mobilisation et d’en faire, ensuite, un motif du changement, le gouvernement en place tente de l’affaiblir, dit-il, précisant qu’un Etat sérieux et moderne aurait pris de cette mobilisation populaire comme moteur pour travailler sur le changement.

A tort ou à raison, l’avis est de plus en plus partagé, et particulièrement sur les réseaux sociaux qui réfutent toute ingérence de personnes de l’ancien régime, à vouloir organiser les élections.

A ce jour, la transition, que revendique le peuple, ne vise que la nature du régime politique ou le système de pouvoir pour être précis. Elle ne s’intéresse pas encore aux valeurs sur lesquelles ce système de pouvoir attribue son identité à la société, à savoir le triptyque, arabité, islamité et amazighité, considérées par lui (peuple) comme des constantes nationales inaliénables.

Dans cet imbroglio politique qu’offre cette situation inédite en Algérie, l’armée va jouer un grand rôle, et reste ce mur que lequel s’appuient aussi bien les forces populaires que la classe politique.

Les décisions que va prendre la «Grande muette», sont très attendues. Pour rappel, la démission de Bouteflika ne s’est faite que sur injonction de l’ANP. Les arrestations des grands patrons ne se sont opérées qu’après que l’armée ait demandé à la justice d’ouvrir le dossier de la corruption.

L’armée se dit aux côtés du peuple et tient à accompagner le mouvement pour réussir la transition. Une armée qui se dit constitutionnaliste et qui ne veut pas sortir de ce cadre.

Par Réda Hadi

Dernière modification le mercredi, 24 avril 2019 20:40

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