Farid Bournani
01 Mai 2019
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Farid Bournani

Lutte contre la surfacturation et marché illicite de la devise

«Il faut aller vers un dinar libre»

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Pour l’expert en ingénierie financière, Farid Bournani, les phénomènes d’exportation illicite de capitaux et de surfacturation auraient pu être évités si la monnaie algérienne (le dinar) était convertible. Indiquant que la valeur du dinar est surévaluée, M. Bournani a expliqué que la surfacturation est une marge entre la subvention de la Banque d’Algérie et un taux sur le marché libre de 50 à 60%. «C’est une marge importante qui amène vers la surfacturation. La convertibilité de notre monnaie aurait limité et d’éviter ce type de choses», a-t-il dit mardi dernier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III».
Par Zahir R.
Il a dans ce cadre suggéré de «déflater» la valeur de la subvention du dinar afin de permettre sa convertibilité. L’expert financier, a, en outre, relevé qu’à partir du moment où existe un écart de cours de la monnaie nationale, entre un marché parallèle et un autre subventionné, «déviance» est alors mise à profit par les importateurs. Constatant qu’il est trop tard pour passer à la convertibilité simple de la monnaie nationale, en raison, explique-t-il, de la grosse masse d’argent détenue par l’économie informelle, il faudrait, indique-t-il, devoir passer par un nouveau dinar équivalent à 100 ancien, une situation à laquelle «on n’échappera pas». C’est à travers, cette manière, dira-t-il, qu’on pourra récupérer l’argent circulant dans la sphère non bancaire et mettre un terme au marché informel de la devise.
Pour réaliser cette transition, M. Bournani a préconisé de «faire vite» tout en se gardant de ne pas «brutaliser» les acteurs économiques, mais aussi de restaurer la confiance dans les structures dirigeantes de la gouvernance et lutter sérieusement contre les méthodes bureaucratiques. «Aujourd’hui, on commet les mêmes erreurs que par le passé, comme si nous n’étions pas regardés par l’extérieur. La crise que nous allons devoir vivre va nous exiger de devenir extrêmement attractifs», a-t-il prévenu.
L’Algérie, qui veut diversifier ses rentes, à travers la promotion des exportations hydrocarbures, devra travailler à la création de deux marchés des changes. L'un serait destiné aux opérations essentielles pour le pays, ses ressources seraient issues des exportations d'hydrocarbures. Le second serait administré par les banques commerciales avec la Banque d'Algérie comme acteur régulateur. Les exportateurs privés seraient autorisés à conserver leurs encaisses devises sur leurs comptes bancaires ouverts auprès des banques commerciales algériennes». Conséquences, indique-t-il, «les banques commerciales pourraient avec les dépôts devises de leur clientèle animer un marché interbancaire de la devise.  Les entreprises auraient ainsi une vraie motivation pour internationaliser leurs activités et de surcroît ces mêmes entreprises exportatrices seraient courtisées par les banques commerciales car pourvoyeuses de dépôts en devises». Des réformes structurelles sont plus que nécessaires à entreprendre, dans les meilleurs délais, dans le secteur bancaire aux fins de sa dynamisation.
L’invité de la radio a énuméré, notamment, la nécessité de créer de nouvelles institutions bancaires privées, réduire la prédominance de banques publiques, à travers la privatisation de certaines d’entres elles et la fusion d’autres, aller vite vers de banques numériques qui doivent être financées par le privé et enfin dynamiser le marché boursier.
Dernière modification le mercredi, 01 mai 2019 23:26
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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